Quand leadership et résilience se rencontrent
Est-ce le signe d’une époque qui doute ? Le dernier Gallup Global Leadership Report, mené dans 52 pays, livre un chiffre qui interpelle : 56% des collaborateurs attendent d’abord de leurs leaders… de l’espoir. La confiance, la deuxième qualité citée, arrive loin derrière, à 33%.
C’est par ce constat que Nathalie Dassas, executive coach chez Aesara Partners, ouvrait une récente conférence organisée par Women in Finance France et le CFA Institute France. Or, selon elle, «pour apporter de l’espoir, il faut de la résilience».
Encore faut-il savoir de quoi on parle. Car la résilience est partout : dans les discours, les plans stratégiques, les séminaires. Si bien que le mot semble parfois vidé de sa substance. Alors, à quoi ressemble-t-elle vraiment, lorsqu’elle s’incarne dans le leadership ?
Pour répondre, rien de tel que le terrain. Véronique Luizet, SVP chez FactSet pour la France et la Suisse, est venue apporter son témoignage. D’emblée, elle l’affirme : «le leadership n’est pas un statut, mais un état d’esprit». Mieux encore : une énergie. Celle que l’on insuffle dans une équipe.
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Trois boussoles
Concrètement, cela signifie créer un espace où l’on peut parler, proposer, tester, se tromper. Installer la confiance, non pas comme un slogan, mais comme une condition de travail.
Dans un monde fragmenté, incertain, parfois brutal, Véronique Luizet identifie trois boussoles pour les leaders. D’abord, la lucidité : comprendre les transformations à l’œuvre sans se raconter d’histoires - et accepter que tous ne les lisent pas de la même manière. Ensuite, l’agilité : s’adapter vite, souvent, sans perdre le fil. Enfin, le sens : donner une direction qui dépasse les objectifs trimestriels.
A l’heure des prises de parole tonitruantes et des postures clivantes - certains parlent même d’«ère Trump 2», le leadership efficace est peut-être celui qui fait moins de bruit. «Il ne faut pas se laisser entraîner dans la polarisation», insiste Véronique Luizet. Garder le cap. Créer des espaces de dialogue. Faire tenir ensemble des équipes qui ne partagent pas toujours les mêmes repères.
Au quotidien, cela se traduit par peu de choses… mais essentielles : une vision claire, une autonomie réelle, et des managers qui lèvent les obstacles au lieu d’en créer. Et surtout, une capacité à décider vite, parce que l’agilité sans décision reste un concept.
Alors, à quoi ressemble un leader résilient aujourd’hui ? À quelqu’un qui tranche sans brutaliser. Qui écoute sans céder. Qui avance sans surjouer. Un leadership profondément humain – sans être naïf !
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