Juliette, 26 ans, perdra 400.000 euros dans sa vie
En 2026, Juliette a 26 ans. Voici l’énoncé : au cours de sa vie, près de 400.000 euros lui échapperont. A vous de comprendre pourquoi. Vous avez jusqu’en 2070.
L’exercice pourrait figurer sur une copie de philosophie ou dans un problème de mathématiques. Loin des bancs de l’école, il est pourtant bien réel. Ces chiffres proviennent d’une étude d’Allianz Research, consacrée à l’écart de revenus entre les hommes et les femmes.
L’un des principaux enseignements tient à un mécanisme cumulatif de facteurs qui amène à constater un écart de rémunération, pour le moins édifiant, entre deux personnes de sexes différents au terme de leur cycle de vie. Pour une femme née en 2000, comme Juliette, les différences de salaire apparaissent dès l’entrée sur le marché du travail. Une situation qui influence directement son niveau d’épargne et par conséquent son appétit pour le sujet. Ensuite, la période de la retraite ne fait que refléter l’ensemble des déséquilibres accumulés. Tous ces éléments mis bout à bout, Juliette peut s’attendre à percevoir en moyenne environ 393.000 euros de moins sur l’ensemble de sa vie qu’un camarade de classe, du même âge.
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Le risque IA
Les raisons sont connues et régulièrement évoquées dans Ambitions. Inégalité salariale, accentuée par les congés maternité. Des recours au temps partiel involontaire beaucoup plus fréquents chez les femmes qui tendent à creuser l’écart. Une fois là, celui-ci est difficile à rattraper. Selon les projections du think tank de l’assureur allemand, il faudrait attendre 2070 pour voir ces écarts se résorber. Une échéance lointaine, presque abstraite, qui rend difficile toute projection.
En attendant, les pistes d’amélioration sont connues. Un meilleur service de garde, des congés parentaux plus adaptés au couple. Un équilibre qui participerait à dégager du temps aux femmes pour peaufiner leurs connaissances financières et bénéficier des opportunités sur les marchés financiers ou encore participer aux enjeux de demain. L’intelligence artificielle en est un bon exemple. Sans la participation des femmes dans cette évolution majeure de notre société, l’IA pourrait participer à reproduire, voire accentuer, les écarts existants.
L’équation est donc connue, les variables aussi, mais qu’en est-il du résultat ?
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