En matière de parité salariale, la finance fait plutôt figure de bon élève
Les entreprises françaises devront bientôt être en conformité avec la directive européenne sur la transparence des rémunérations. Elle lutte contre les inégalités salariales entre hommes et femmes. Par exemple, tout écart de plus de 5 % devra être corrigé dans les entreprises de plus de 100 collaborateurs, sauf s’il peut être justifié par des critères objectifs «non sexistes et dépourvus de tout parti pris», précise le gouvernement.
D’après la dernière étude de l’Insee, publiée en février 2026 sur des chiffres de 2024, le revenu salarial net des femmes était inférieur de 22 % à celui des hommes. A temps de travail égal, en équivalent temps plein, cet écart se réduit cependant à 14 % et à emploi comparable, dans le même établissement et à équivalent temps plein, il tombe à 3,6 %, bien en dessous de la barre fixée par l’Union européenne.
Il s’agit toutefois de moyennes. Les chiffres peuvent fortement varier en fonction des entreprises et des secteurs d’activité.
La solution RH Lucca, qui a analysé les rémunérations pratiquées par 4.500 entreprises clientes pour leurs salariés, majoritairement actifs dans les services et de niveau cadre, obtient ainsi des résultats sensiblement différents. L'étude soulève un écart salarial global de 15,8 %, c’est-à-dire tous niveaux de responsabilité, tout secteur, toute durée de travail confondus. Un chiffre inférieur à celui de l’Insee mais qui reste élevé.
Lucca explique cet écart révélateur des inégalités de genre dans le monde professionnel par plusieurs éléments : le plafond de verre, les femmes ne représentant que 20 % des dirigeants, la répartition des métiers - elles sont surreprésentées aux fonctions moins rémunératrices comme les RH ou la communication - et enfin une différence dans l’attribution des bonus et des primes.
Un écart proche de zéro dans la finance
Lucca constate par ailleurs qu'à poste égal la différence de rémunération des entreprises étudiées est près de deux fois supérieure à celle calculée par l’Insee. Contractuellement, l'écart de rémunération fixe est limité à 3,5% mais il grimpe à 7,2% en intégrant les bonus, soit plus de deux points au-dessus de la tolérance européenne. «Cet écart ‘inexpliqué' représente près de la moitié (45,8%) de l’écart global», indique le spécialiste des solutions RH.
Les résultats sont toutefois très différents en fonction des secteurs d’activité ou des types de métiers. L'écart atteint ainsi plus de 12% dans le domaine de la vente au détail ou près de 11% pour les commerciaux en contact direct avec les consommateurs mais moins de 4% dans l’ingénierie logicielle.
En la matière, le secteur «Finance et comptabilité» s’en sort particulièrement bien avec une différence salariale quasiment nulle. A poste égal, l’écart total réel, prenant en compte les bonus, ressort à 0,46%. Cette faible différence s’explique par une forte objectivation des facteurs de rémunération du secteur. Si les acteurs de la finance semblent déjà appliquer ces critères chiffrés et objectifs pour établir les rémunérations de chacun, il faudra encore les rendre publics pour les salariés.
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