Moins d’un tiers des décisionnaires de la finance sont des femmes
Exclusif - Dans le cadre de sa nouvelle newsletter «Ambitions», L’Agefi dévoile sa base de données sur la représentation des femmes dans le secteur financier et l'évolution de leurs carrières.
Les femmes restent largement sous-représentées dans la finance
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AdebeStock
Les professionnelles de la finance se heurtent-elles toujours à des plafonds de verre ? À l’occasion du lancement de sa newsletter dédiée aux jeunes femmes souhaitant faire carrière dans la finance, baptisée «Ambitions», L’Agefi dévoile des chiffres exclusifs tirés de sa base de données composées de plusieurs milliers de références. L’objectif : établir un état des lieux de la représentation des femmes dans les postes à responsabilité du secteur de la finance et suivre leur évolution de carrière.
S’il n’est pas très surprenant, le premier constat est sans appel. En France, les femmes représentent seulement 30% des décisionnaires dans l’univers de la finance parmi les professionnels recensés par L’Agefi*. Un chiffre qui souligne l’ampleur du défi auquel le secteur est confronté en matière d’inclusion. D’autant que, dans la quasi-totalité des sous-secteurs de la finance, les hommes restent largement majoritaires.
25% des conseillers en patrimoine
Les banques commerciales, de réseau et de détail ainsi que la gestion d’actifs non cotés se démarquent avec un niveau de représentation légèrement supérieur à la moyenne, de 32% et 33% respectivement. A l’inverse, le poids des hommes dépasse 75% dans les banques d’affaires et les boutiques de fusions-acquisitions. Ils sont aussi largement majoritaires dans l’industrie de la gestion de patrimoine, avec un taux de 77% chez les CGP et CGPI et même de 80% au sein de la population des conseillers en investissements financiers, toujours selon les chiffres de L’Agefi.
Par type de postes occupées, l’absence de parité est également patente. Les fonctions de directeur général et de président se conjuguent assez peu au féminin. L’Agefi recense moins de 20% de directrices générales, y compris adjointes ou déléguées, et à peine 14% de présidentes. Le taux de féminisation est également très faible chez les directeurs/responsables corporate finance, BFI (18%) et chez les responsables des investissements et des participations (24%).
En revanche, les femmes sont majoritaires dans quelques fonctions bien précises, qui sont souvent les plus éloignées de la matière financière. Ainsi, elles représentent 65% des responsables juridiques, 70% des postes à responsabilité dans la communication, autant des responsables dans les ressources humaines et 66% dans le marketing.
Des promotions qui ne suffisent pas à corriger les écarts
Au-delà de ce bilan peu flatteur pour la parité femme-homme, les tendances récentes ne sont pas beaucoup plus encourageantes, bien qu’en légère amélioration. En 2023, sur 1.071 promotions à des postes à responsabilité ou à des postes de directions recensées par L’Agefi**, 351 femmes ont été nommées, soit 32%.
Les données révèlent également des secteurs où les femmes continuent de se heurter à des plafonds invisibles, avec des taux de promotion nettement inférieurs à celui des hommes. La banque d’affaires reste le secteur où les promotions ont surtout bénéficié aux hommes avec 17% uniquement de femmes promues sur les 104 nominations recensées en 2023. A contrario, les métiers de la gestion d’actifs non cotés ont promu quelque 96 femmes en 2023, soit 39% des promotions. Quelque 46 femmes ont été nommées au poste de directeur ou responsable gestion non coté (private equity, immobilier, infrastructures), en 2023.
Le chemin vers la parité semble encore long dans le monde de la finance, quel que soit le secteur d’activité.
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