Noha Sassi (Finance By Click) : «Recruter dans la gestion privée est particulièrement complexe»
Pouvez-vous présenter Finance By Click ?
Finance By Click est une jeune entreprise fondée en janvier 2025, qui lancera début 2026 la première plateforme de recrutement dédiée aux métiers de la finance, et plus spécifiquement à ceux de la banque, de la gestion privée et de l’assurance. Notre volonté est de créer un véritable espace de rencontre entre les recruteurs et les professionnels du secteur : les banques, compagnies d’assurance, CGPI, Family Offices, … mais aussi les candidats souhaitant faire évoluer leur carrière.
Ayant connu les deux facettes du recrutement, j’ai constaté une déconnexion persistante entre l’offre et la demande : les entreprises peinent à identifier les bons profils, tandis que les candidats n’accèdent pas toujours aux opportunités réellement alignées avec leurs compétences et leurs aspirations. Finance By Click a précisément vocation à combler ce fossé, en proposant une solution ciblée, technologique et adaptée à un secteur où la discrétion est aussi essentielle que la justesse du recrutement.
A lire aussi : Recrutements : ESG, IA, data, les nouvelles boussoles des RH
Les employeurs manquent-ils de candidats, ou ne trouvent-ils pas les bons profils ?
Un peu des deux. Les entreprises reçoivent souvent peu de candidatures, ou bien des profils « par défaut », qui ont postulé faute de mieux. Sous la pression du temps, les recruteurs finissent par pourvoir des postes avec les candidatures disponibles, même si elles ne correspondent pas parfaitement à leurs attentes. Résultat : des recrutements subis, rarement satisfaisants pour l’une ou l’autre des parties.
Nous observons aujourd’hui une véritable dispersion entre les offres et les profils, et notre ambition est précisément de créer un espace fédérateur pour rétablir la rencontre entre les bons talents et les bons besoins.
A lire aussi : La finance est à la recherche de profils toujours plus techniques
Comment fonctionne concrètement votre plateforme ?
Nous avons conçu un outil à la fois simple et fluide. Les candidats peuvent créer leur profil en toute sécurité, tout en choisissant le niveau de visibilité de leurs informations personnelles. Les employeurs, quant à eux, disposent d’un espace pour publier leurs offres ciblées ou rechercher directement des profils selon des critères précis : expérience, localisation, niveau de rémunération, ou encore compétences techniques.
Notre algorithme réalise un matching entre les deux parties, puis notre équipe intervient pour valider la pertinence de la correspondance et garantir la confidentialité des échanges. Par ailleurs, nous souhaitons automatiser et simplifier le processus de recrutement pour les entreprises — gestion des candidatures, réponses automatiques — afin qu’elles puissent se concentrer sur l’essentiel, à savoir la sélection et la rencontre des talents.
LinkedIn concentre déjà de nombreuses offres. Quelle est votre valeur ajoutée par rapport à cet outil ?
LinkedIn demeure avant tout une plateforme généraliste et, d’une certaine manière, opportuniste. Elle couvre tous les secteurs sans réelle spécialisation. Or, pour les professionnels de la finance, il n’existe aujourd’hui aucun site de référence véritablement dédié.
Notre ambition est précisément de créer cette référence, en institutionnalisant la démarche au sein-même des groupes financiers, bancaires et d’assurance : que l’ensemble des entités — du siège aux agences — puisse bénéficier d’une plateforme centralisée et cohérente, plutôt que de multiplier des publications éparses sur LinkedIn, souvent faute d’alternative structurée.
A lire aussi : Les entreprises s’arrachent les consolideurs et autres profils financiers
En quoi vous vous distinguez des cabinets de recrutement ?
Nous ne nous positionnons pas comme des concurrents, mais comme des partenaires complémentaires. Les cabinets de recrutement font face aux mêmes difficultés : identifier des profils rares. En publiant leurs missions sur notre plateforme, ils bénéficient d’un vivier qualifié de professionnels consentants et d’un moteur de recherche reposant sur des critères particulièrement fins. Finance by Click représente pour eux un canal supplémentaire, fiable et spécialisé.
Vous avez exercé des fonctions dans la gestion privée. Quelles difficultés spécifiques y observez-vous en matière de recrutement ?
La gestion privée est un domaine où le recrutement s’avère particulièrement complexe. Les établissements recherchent souvent le « mouton à cinq pattes » : un professionnel à la fois technique, juridique, fiscal et financier, doté d’une aisance relationnelle et d’une posture irréprochable. Ces profils sont rares et très recherchés.
Notre plateforme apporte une réponse à plusieurs niveaux, d’abord en rendant visibles des offres de haute qualité, souvent confidentielles, puis en offrant aux experts discrets la possibilité de se rendre « visibles » sans s’exposer publiquement. En outre, nous avons comme principal avantage le même langage que les directions de banque privée, les CGP ou les family offices. Enfin, nous accélérons le processus de recrutement grâce à notre technologie de matching et à notre réseau de partenaires, sans compromis sur la qualité.
A lire aussi : Le recrutement se tend dans les fintechs
Quel est votre modèle économique ?
Nous avons opté pour un modèle hybride. Un abonnement est destiné aux grands établissements financiers ayant des besoins récurrents en recrutement, leur permettant de connecter directement leur site et de centraliser l’ensemble de leurs offres sur notre plateforme. En parallèle, nous proposons un système de publication à la carte pour les acteurs plus indépendants — family offices, CGP, cabinets de recrutement, etc — avec des publications ponctuelles à durée déterminée, renouvelables selon leurs besoins.
Pourquoi avoir quitté la gestion privée pour entreprendre ?
Mon parcours au sein de CIC Banque privée puis de la Banque cantonale de Genève (France) a été déterminant dans la genèse de Finance By Click. Ces expériences m’ont permis de mesurer, de l’intérieur, la complexité du recrutement dans le monde de la finance, où les attentes sont élevées et les profils rares. Même au sein d’établissements disposant d’une solide réputation et offrant des conditions attractives, j’ai constaté combien il pouvait être difficile d’identifier le bon talent, au bon moment. Cette réalité, conjuguée à ma passion pour le secteur et à mon désir d’apporter une réponse innovante et efficace, m’a conduite à créer la plateforme dont la mission consiste à être une passerelle entre les institutions financières et les professionnels qui les font vivre.
A lire aussi : David Charlet (Anacofi) : «Les clients ne se génèrent plus de la même manière»
Plus d'articles du même thème
-
L’inflation grimpe jusqu’à 3,3% en zone euro
L’inflation devrait rester bien au-dessus de la cible de 2% jusqu’au premier trimestre 2027, à cause de la hausse des prix effective sur l’énergie et celle à venir sur les denrées alimentaires. Malgré un ralentissement de l’inflation dans les services, cela confirme la probabilité d’une hausse de taux de la Banque centrale européenne dès le 10 septembre. -
Les recruteurs en pincent pour les consolideurs
L’édition de rentrée 2026 du classement des Jobs en Or de Robert Half distingue à nouveau cette fonction jugée clé pour la fiabilité financière de l’entreprise. -
Astrid Panosyan-Bouvet devient DRH d’Axa
L’ex-ministre du Travail du gouvernement Barnier, Astrid Panosyan-Bouvet, prend la direction des ressources humaines de l’assureur Axa.
ETF à la Une
Les ETF mondiaux continuent de faire le plein, l’or et le bitcoin accélèrent en août
- Generali France rejoint le club des assurbanques
- Qonto fait le ménage dans ses comptes clients en pleine demande de licence bancaire
- Swift accorde un répit aux banques sur les adresses structurées
- Le pétrole bondit de plus de 3% après l’attaque américaine contre l’île de Larak
- John Ternus relève le défi de s’imposer à la tête d’Apple
Contenu de nos partenaires
-
Trompe-l'oeilAprès près de quatre ans au pouvoir, le bilan budgétaire en demi-teinte de Giorgia Meloni
Arrivée avec un déficit de plus de 8 % en Italie, la Première ministre a dû mettre un coup de frein aux dépenses. Si elle a réduit le déficit, sa politique budgétaire reste limitée -
LE CONSEIL DE LA SEMAINELegs universel avec charge : la solution successorale méconnue des contribuables sans enfant – le conseil de Pauline Soulas
Aussi appelé « legs en duo », il s'agit d'une solution ingénieuse pour répartir son patrimoine entre un héritier non réservataire et un projet philanthropique -
Populisme en actionGiorgia Meloni : les dessous d'une stabilité record
Depuis 1 413 jours au pouvoir, la présidente du Conseil italien a dépassé le record de Silvio Berlusconi. Mais pour quel résultat ? Premier bilan d'un populisme scruté en Europe