Les profits dopés au trading des banques américaines peinent à emballer les investisseurs
Les résultats trimestriels des banques américaines se suivent et se ressemblent. Dans le sillage de Goldman Sachs, Citi, JPMorgan et Wells Fargo ont dévoilé des comptes trimestriels solides, portés par d’excellents résultats dans leurs activités de trading. Ces performances étaient visiblement anticipées par les investisseurs car leurs actions n’en profitent pas en Bourse, à l’exception du groupe dirigé par Jane Fraser.
Déjà lundi, le cours de Goldman Sachs s’était replié de 1,9% en dépit de l’annonce d’un profit en hausse de 18%, à 5,6 milliards de dollars.
Le lendemain, JPMorgan a fait état d’un résultat net en progression de 13%, à 16,5 milliards de dollars sur les trois premiers mois de l’année, porté essentiellement par un bond de 30% dans sa banque d’investissement, à plus de 9 milliards de dollars. La croissance des revenus dans cette branche a été équitablement répartie entre les marchés actions, en hausse de 17%, et les activités à taux fixe qui ont progressé de 21%. La banque de détail s’en est également bien tirée avec un profit net en hausse de 12%, à près de 5 milliards de dollars. Les provisions pour pertes de crédit sont en outre en repli de 800 millions de dollars à l’échelle du groupe, à 2,5 milliards, et le retour sur capitaux propres tangibles s’est amélioré de 2 points de pourcentage, à 23%.
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Citi se distingue
Chez Wells Fargo, la banque de détail s’est également bien comportée avec une hausse de revenus de 9% pour un résultat net en augmentation de 12%, à 1,94 milliard de dollars. La BFI a en revanche enregistré une baisse de 7% de son profit en raison d’un repli de 21% des activités immobilières alors que les métiers de marché ont progressé de 19%. Le revenu net d’intérêt, particulièrement scruté par les investisseurs, a en outre déçu les analystes avec une hausse de 5%, à 12,1 milliards de dollars, contre un gain de 7% attendu selon des données LSEG citées par Reuters.
A Wall Street, l’action Wells Fargo perdait 6% après ces résultats inférieurs aux prévisions et JPMorgan abandonnait 0,7% après un rebond de 11% sur ses plus bas depuis juin 2025 touchés en mars en réaction au déclenchement de la guerre au Moyen-Orient.
En attendant Morgan Stanley et Bank of America, qui dévoileront leurs comptes trimestriels ce mercredi, seule Citi tire son épingle du jeu de la séquence. La banque dirigée par Jane Fraser grimpait de 1,6% à New York mardi après-midi après la publication de résultats nettement supérieurs aux attentes. Son profit net a bondi de 42% entre janvier et mars, à 5,8 milliards de dollars, porté par l’ensemble des métiers du groupe. Comme ses concurrents, les activités de marché ont largement profité de la volatilité des derniers mois avec un résultat net en hausse de 40%. Les revenus liés aux marchés actions ont notamment bondi de 39% et les commissions tirées des opérations de fusions-acquisitions (M&A) ont grimpé de 12% pour atteindre un niveau record pour un premier trimestre.
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Guerre en Iran et dette privée
La forte incertitude nourrie par le conflit en Iran explique sans doute la prudence des investisseurs en dépit des solides chiffres présentés par les banques américaines pour les trois premiers mois de l’année. Le directeur financier de JPMorgan, Jeremy Barnum, a certes estimé que l’engagement des clients et les perspectives de la banque d’investissement restaient solides mais il a aussi reconnu que la guerre au Moyen-Orient pourrait avoir un impact sur l’exécution et le calendrier des transactions, selon des propos rapportés par Reuters.
Jeremy Barnum a par ailleurs indiqué être « à l’aise » avec l’exposition de JPMorgan au marché du crédit privé, qui est l’autre sujet d’attention des investisseurs ces derniers mois. Celle-ci s’élève à 50 milliards de dollars sur une exposition totale aux institutions non bancaires (NBFI, non-bank financial institutions) de 160 milliards de dollars. Chez Citi, le poids de la dette privée s’élève à 22 milliards de dollars sur un total de 118 milliards prêtés aux NBFI, a rapporté Bloomberg. L’exposition à ces acteurs financiers non bancaires de Wells Fargo atteignait de son côté 210,2 milliards à fin mars, dont 36,2 milliards de crédits privés.
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