Les banques anglo-saxonnes sont priées de tester le nouveau modèle d’IA d’Anthropic
Mythos, le dernier modèle d’intelligence artificielle (IA) développé par Anthropic, est devenu un dossier inflammable. Y compris pour les banques, puisque Mythos peut détecter les failles dans leurs systèmes informatiques. En creux, ce que Mythos est capable de faire depuis quelques jours, d’autres modèles d’IA pourront bientôt le faire aussi.
Plusieurs banques de Wall Street commencent à tester en interne le modèle Mythos ou y auront accès ces prochains jours, rapportait lundi l’agence Bloomberg, citant des sources proches du dossier. JPMorgan Chase était la seule banque à avoir été citée par Anthropic la semaine dernière, dans le cadre d’une initiative, baptisée Projet Glasswing, visant à faire tester le modèle par quelques grandes firmes, telles que Apple et Amazon. Anthropic avait déjà averti à propos des capacités inédites de son nouveau modèle d’IA, en choisissant ainsi de le déployer auprès de quelques dizaines de gros acteurs, afin qu’ils testent eux-mêmes Mythos et éliminent les failles potentielles dans leurs infrastructures logicielles.
Désormais, Goldman Sachs, Citigroup, Bank of America et Morgan Stanley figurent parmi les banques qui testent la technologie en interne, rapporte l’agence de presse.
En Grande-Bretagne, les régulateurs financiers se sont aussi emparés du sujet. Ils organisent des discussions en urgence avec l’agence gouvernementale de cybersécurité et les grandes banques afin d'évaluer les risques posés par Mythos, rapportait dimanche le Financial Times. Des responsables de la Banque d’Angleterre, de la Financial Conduct Authority (FCA) et du Trésor britannique sont en pourparlers à ce sujet avec le National Cyber Security Centre afin d’examiner les vulnérabilités potentielles des systèmes informatiques critiques mises en évidence. Des représentants des principales banques, assurances et opérateurs boursiers britanniques devraient être informés des risques de cybersécurité posés par Mythos.
Réunion cyber pour les banques «systémiques»
Preuve que le sujet devient hautement sensible, aux Etats-Unis, le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent et le président de la Réserve fédérale (Fed) Jerome Powell ont convoqué, mardi 7 avril, les dirigeants des plus grandes banques de Wall Street à une réunion d’urgence portant sur la cybersécurité, rapportait vendredi dernier Bloomberg. Selon la presse américaine, David Solomon, président de Goldman Sachs, Jane Fraser (Citigroup), Ted Pick (Morgan Stanley), Brian Moynihan (Bank of America), Charlie Scharf (Wells Fargo), y ont participé. Jamie Dimon, qui dirige JPMorgan Chase, était absent. Ils ont été avertis qu’ils devraient prendre le modèle Mythos au sérieux et le déployer pour détecter leurs vulnérabilités cyber.
Toutes les banques convoquées à la réunion, telles Citigroup, Morgan Stanley, Bank of America et Wells Fargo, sont classées comme « systémiques » par les principaux régulateurs, ce qui implique que leur stabilité est une priorité pour le système financier mondial. Elles font donc l’objet de contrôles des risques plus stricts que les autres. Elles devront combler des failles dans leurs infrastructures logicielles qui, désormais, sont bien plus facilement détectables et exploitables, grâce aux nouvelles capacités des modèles d’IA, dans le sillage de ce que montre déjà Mythos.
Ces pressions exercées par l’administration Trump soulignent l’inquiétude croissante des régulateurs face à l'émergence d’une nouvelle génération de cyberattaques, qui représente l’un des plus grands risques pour le secteur financier. Anthropic a déclaré avoir discuté, avant la récente publication de son logiciel, avec des responsables américains au sujet de Mythos et de ses « capacités offensives et défensives en matière de cybersécurité ».
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