Les Etats-Unis ont créé plus d’emplois que prévu en novembre
Les Etats-Unis ont créé 263.000 emplois nets en novembre, a annoncé vendredi le département du Travail, reflétant un marché de l’emploi toujours dynamique malgré la persistance d’une inflation élevée et la remontée des taux d’intérêt.
Le taux de chômage est de son côté resté stable à 3,7%, conformément aux attentes. Les économistes interrogés par le Wall Street Journal anticipaient 200.000 créations de postes le mois dernier. Le chiffre du mois d’octobre a été révisé à 284.000, contre 261.000 initialement annoncé.
Ces nouvelles données ne marquent pas la décélération attendue et dépassent le rythme mensuel d’un peu plus de 260.000 créations d’emplois observées depuis le mois d’août. L'économie américaine continue de créer des emplois malgré une détérioration de la confiance des ménages et des indicateurs conjoncturels, comme l’indice ISM manufacturier, qui pointent désormais une contraction de l’activité.
En réaction à ces chiffres, les Bourses européennes ont subitement chuté vendredi en début d’après-midi. L’Euro stoxx 50 et le CAC 40 ont finalement clôturé la séance en repli de 0,17% et le Dax a gagné 0,27%. A Wall Street, le S&P 500 abandonnait 0,4% vers 17h45 et le Nasdaq Composite reculait de 0,8%.
Signes avant-coureurs de récession
Le rapport sur l’emploi non agricole de novembre était particulièrement attendu alors que les signes avant-coureurs de récession se multiplient outre-Atlantique sous l’effet de la remontée des taux d’intérêt décidée par la Réserve fédérale (Fed) pour vaincre l’inflation.
Dans un discours prononcé cette semaine, le président de la banque centrale américaine, Jerome Powell, a réaffirmé que la stabilisation des prix nécessiterait de freiner la demande et le marché du travail. Il a toutefois jugé «très plausible» l’hypothèse d’un atterrissage en douceur de l'économie américaine, qui verrait le taux de chômage augmenter sans toutefois plonger le pays en récession.
Après quatre relèvements de taux d’ampleur exceptionnelle depuis cet été, la Fed envisage de poursuivre sa politique de resserrement à un rythme plus conventionnel pour éviter un choc trop brutal pour l'économie. Mercredi, Jerome Powell a confirmé qu’il envisageait une hausse des taux directeurs de 50 points de base lors de la réunion de politique monétaire prévue à la mi-décembre.
Parmi les signes récents de refroidissement du marché du travail américain, ADP et Moody’s Analytics ont fait état cette semaine de 127.000 créations de postes en novembre dans le secteur privé, un point bas depuis le mois de janvier 2021. Le nombre d’offres d’emplois non pourvues se maintenait toutefois au-dessus des 10 millions à la fin du mois d’octobre, selon le département du Travail. Et malgré les annonces de plans sociaux dans de nombreuses entreprises, notamment dans le secteur technologique, les licenciements se sont maintenus à un niveau historiquement bas de 1,39 million en octobre. Ce chiffre n'était jamais descendu en-dessous de 1,59 million par mois au cours des 20 ans qui ont précédé le début de la pandémie de Covid-19.
Plus d'articles du même thème
-
L’administration Trump formule des propositions pour rétablir ses barrières douanières
Le Bureau du représentant américain au Commerce (USTR) a présenté de nouveaux droits de douane d’au moins 10% liés au travail forcé pour remplacer les droits «réciproques» jugés illégaux par la Cour suprême le 20 février. -
Avec un détroit d'Ormuz atrophié, les Vingt-Sept sous la menace d’une impasse énergétique
Ormuz constitue un goulet d’étranglement mondial. Un péage obligatoire imposé unilatéralement redéfinirait les flux commerciaux internationaux. Une taxe affecterait l'économie mondiale via un choc inflationniste. L'Union européenne et les Etats-Unis subiraient des effets asymétriques, relèvent William Thay, président du think tank Le Millénaire, et Antranig Kevorkian, analyste. -
La BCE s’inquiète du levier des hedge funds sur les marchés obligataires
Le dernier rapport de stabilité financière analyse le levier croissant des hedge funds sur les marchés obligataires souverains via les stratégies d’arbitrage dites «basis trade». Des positions massives financées par les marchés de «mise en pension» («repo»), qui font peser un risque de ventes forcées et de volatilité accrue en périodes de stress.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond en mai
- Chez Ardian, une succession au long cours qui n’ose pas dire son nom
- TotalEnergies pourrait doublement profiter de la guerre au Moyen-Orient
- Atalian s’apprête à passer sous le contrôle de ses créanciers
- Avec BMW, Airbus et EDF, Mistral AI se déploie dans l’ingénierie industrielle
- Le Crédit Mutuel vante la banque à réseau pour concéder l'inévitable passage au digital
Contenu de nos partenaires
-
« Le coût cumulé d'El Niño pourrait atteindre 84 000 milliards de dollars »
Le retour du phénomène météorologique El Niño cette année est de plus en plus probable selon l’Organisation météorologique mondiale. Son impact sur l’économie mondiale suscite aussi de vives inquiétudes. -
Vrai du fauxCadmium : alerte dans nos assiettes
Présent dans les engrais importés en France, ce métal lourd classé cancérogène a beaucoup fait parler de lui ces derniers mois. Au risque de perdre pied dans cette vague d'informations -
Calme avant la tempêtePrésidentielle : les candidats face au mur budgétaire
La bombe budgétaire est sur le point d'exploser et les prétendants à l'Elysée évitent encore bien trop le sujet majeur qui va accaparer le début de mandat du futur président