L’emploi américain résiste mieux que prévu mais le chômage monte
Le rythme des créations d’emplois aux Etats-Unis a ralenti dans des proportions inférieures aux attentes en octobre, le marché du travail restant robuste en dépit du resserrement rapide de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) pour freiner l’inflation et l'économie.
Le département du Travail a annoncé vendredi la création de 261.000 emplois nets en octobre aux Etats-Unis, contre 315.000 en septembre en données révisées. Le taux de chômage dans le pays est cependant remonté à 3,7% le mois dernier, contre 3,5% en septembre.
Les économistes interrogés par le Wall Street Journal tablaient sur la création de 205.000 emplois nets en octobre et sur un taux de chômage de 3,5% le mois dernier. Le nombre de postes créés en septembre avait initialement été estimé à 263.000.
Le département du Commerce a souligné que les créations d’emplois en octobre avaient été alimentées par les secteurs de la santé, des services techniques et de l’industrie.
Craintes de récession
Les investisseurs surveillent de près l'évolution du marché du travail depuis que la Fed a engagé au début de l’année un cycle de resserrement monétaire pour freiner une inflation au plus haut depuis 40 ans aux Etats-Unis.
Mercredi, la banque centrale a de nouveau affiché sa détermination à contenir l’inflation en relevant ses taux de 0,75 point de pourcentage pour la quatrième fois consécutive, tout en indiquant que la lutte pour la stabilité des prix pourrait passer par des hausses de taux de plus faible ampleur dans les prochains mois. Le resserrement monétaire vise à freiner l’activité des entreprises et le marché de l’emploi dans un contexte de fortes tensions salariales, et alimente les craintes de récession outre-Atlantique. Depuis le début de l’année, la Fed a relevé ses taux de 375 points de base, pour porter le taux interbancaire de référence dans une fourchette de 3,75% à 4%.
Plusieurs enquêtes de conjoncture, notamment celles de l’Institute for Supply Management (ISM), ont fait état d’un ralentissement de l’activité en octobre dans les services et l’industrie manufacturière, conduisant à de prévisibles réductions des embauches. Mais l’activité reste toujours en croissance soutenue.
Avec près de 407.000 créations de postes en moyenne par mois cette année, selon le département du Commerce, les entreprises continuent d’embaucher à un rythme plus soutenu qu’avant la pandémie de coronavirus. En 2019, ce sont environ 164.000 postes qui étaient créés mensuellement aux Etats-Unis.
Le président de la Fed, Jerome Powell, a souligné lui-même mercredi que, selon lui, le marché du travail restait «en surchauffe», la demande des entreprises dépassant significativement l’offre de main-d’oeuvre. Il a ajouté qu’il ne «voyait pas encore d’arguments en faveur d’un tassement réel» du marché du travail.
La croissance des salaires ralentit
Autre indicateur surveillé attentivement par la Réserve fédérale, le taux de participation à la population active, soit la proportion d’Américains en âge de travailler qui ont un emploi ou en cherchent un, a peu évolué en octobre, à 62,2% contre 62,3% en septembre et 62,4% en août, selon le département du Travail.
La Fed espère un taux élevé de participation, car un trop faible nombre de personnes sur le marché du travail est susceptible d’accroître les tensions salariales et de compliquer sa lutte contre l’inflation.
En octobre, le salaire horaire moyen a progressé de 0,4% par rapport au mois précédent, a indiqué le département du Travail. Sur un an, il a augmenté de 4,7%, à comparer à une hausse de 5% en septembre. Ce ralentissement est conforme aux prévisions des analystes.
L’inflation des prix à la consommation, mesurée par l’indice PCE, l’indicateur préféré de la Fed, a atteint 6,2% sur un an en octobre, selon des chiffres publiés la semaine dernière par le département américain du Commerce.
A la Bourse de New York, l’indice Dow Jones avance de 0,9% en début de séance, tandis que le S&P 500 et le Nasdaq prennent respectivement 0,7% et 0,9%.
Sur le marché obligataire, le taux de l’emprunt du Trésor à dix ans monte de 6 points de base, à 4,177%, et celui du titre à deux ans gagne 3 points de base, à 4,738%.
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