Le Trésor américain réalise une opération blanche sur AIG
La cession d’une première tranche d’actions AIG marque le début de la fin du plus important programme de sauvetage du secteur financier de l’histoire des Etats-Unis. Plus de deux ans après une recapitalisation de 182,3 milliards de dollars, le Trésor a donné le coup d’envoi de son désengagement dans l’assureur avec la cession de 200 millions de titres au prix unitaire de 29 dollars, soit une légère décote par rapport au cours de clôture de 29,46 dollars. L’Etat récupère ainsi 5,8 milliards de dollars et réduit dans la foulée sa part dans l’assureur de 92% avant l’opération à 77%. De son côté, AIG a mis 100 millions d’actions sur le marché qui lui ont permis de lever 2,9 milliards avant commissions pour renforcer ses capitaux propres, portant le montant total de l’opération à 8,7 milliards.
Sans livrer de calendrier spécifique, le département du Trésor a indiqué qu’il allait poursuivre son programme de cession de titres «de manière ordonnée». Il a en outre la capacité de céder 45 millions d’actions supplémentaires dans les prochains jours si les souscripteurs exercent leur option d’achat, lui permettant de récupérer 1,3 milliard de plus. A l’issue de l’opération, dirigée conjointement par Bank of America, Deutsche Bank, Goldman Sachs et JPMorgan, l’Etat détiendra encore 1,4 milliard d’actions de l’assureur qui vise une reprise d’indépendance en 2012. L’Etat doit dégager au total 47,5 milliards pour récupérer sa mise de départ concernant la partie en actions du sauvetage d’AIG.
Le point mort de l’opération pour le Trésor est de 28,73 dollars par action, soit une plus-value marginale d’environ 54 millions sur la première jambe du programme de désengagement. Une déception après le rebond du cours de l’action AIG au-dessus des 50 dollars en janvier dernier qui laissait espérer un gain pour le contribuable de plus de 4 milliards de dollars. Depuis, l’action a plongé de 40%, compliquant considérablement les affaires du Trésor, finalement soulagé de ne pas avoir vendu à perte.
Les investisseurs se sont montrés sévères face à des résultats décevants et inquiets concernant l’activité future suite à la cession d’activités outre-Atlantique très rentables. Néanmoins, la valeur comptable estimée à 47 dollars par action et la liquidité croissante des titres laissent espérer un rebond du cours dans les prochains mois.
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