Le rachat de Credit Suisse bouleverse le classement des banques systémiques
La dernière assemblée générale de Credit Suisse la semaine dernière a été le théâtre de tensions, alors que la banque en difficulté doit passer dans le giron de sa rivale UBS. En absorbant l’ancien fleuron de la gestion de fortune mis à mal par une série de scandales, UBS va former un nouveau mastodonte considéré comme «too big to fail», trop gros pour faire faillite. Une dénomination héritée de la grande crise financière de 2008, qui a donné naissance à une réglementation renforcée sous l’égide du Comité de Bâle rassemblant tous les patrons de banques centrales.
Chaque année, le Conseil de stabilité financière (FSB) établit une liste d’établissements bancaires considérés comme «d’importance systémique» au niveau mondial, les G-SIB (global systematically important banks). En clair, des banques dont la faillite pourrait entraîner dans son sillage le système bancaire mondial dans son ensemble, à l’image de Lehman Brothers. Pour éviter de revivre une telle crise, ces banques se voient imposer des exigences de fonds propres supplémentaires, en fonction de leur classement.
La dernière liste établie en novembre 2022 par le FSB classait JPMorgan en tête des banques systémiques. Seule à figurer au sein de la catégorie 4, elle devra respecter un coussin de capital supplémentaire de 2,5% à compter de janvier 2024.
Des actifs plus importants que BNP Paribas et JPMorgan
Credit Suisse comme UBS figuraient plutôt au bas de ce dernier classement au sein de la catégorie 1 (à laquelle s’applique un coussin additionnel de 1%), aux côtés notamment de la Société Générale, du Crédit Agricole, de BPCE, d’UniCredit et Santander. La fusion des deux banques suisses donnera naissance à un géant assis sur 5.000 milliards de dollars d’actifs, bien plus que BNP Paribas qui figure en catégorie 2 (2.900 milliards), HSBC et Bank of America qui se classent en catégorie 3 (3.000 milliards de dollars d’actifs chacune), ou encore JPMorgan, à la tête de 3.700 milliards de dollars d’actifs.
A lire aussi : UBS prend une place hors norme en absorbant Credit Suisse
Le classement des G-SIB ne tient pas uniquement compte de la taille du bilan, mais aussi d’autres critères comme l’interconnexion, l’absence de substituts disponibles, les activités transfrontières et la complexité de l’activité. Du fait de son poids hors norme dans la gestion de fortune mondiale, avec 3.400 milliards de dollars d’actifs dans cette seule branche, le nouvel UBS semble bien cocher quelques cases. Il devrait donc se voir appliquer des exigences de fonds propres renforcées, la finalisation du rachat de Credit Suisse devant amener le FSB à revoir son classement.
De même, l’autorité de supervision suisse, la Finma, devrait réévaluer l’importance systémique du nouvel ensemble au niveau domestique, étant donné son poids dans la banque de détail en Suisse, bien que le pays compte de nombreuses banques cantonales. La Finma «accordera des délais transitoires appropriés» à UBS pour la constitution de ces nouvelles réserves de fonds propres, a-t-elle d’ores et déjà précisé.
Plus d'articles du même thème
-
Vers une meilleure information des investisseurs sur les risques liés à la nature
La première semaine de la COP17 s'achève sur une demande de clarification. L'organisme international de normalisation de l’information de durabilité destinée aux investisseurs (ISSB) ouvre une consultation publique sur la dépendance des entreprises à leur écosystème. -
L’IA générative s’interpose de plus en plus entre la banque et ses clients
L’IA générative devient partie intégrante des prises de décisions des clients bancaires et les usages évoluent vite, bousculant les modèles d’affaires des banques de réseaux généralistes. Si elles n’intègrent pas rapidement des agents IA dans leurs parcours, ces derniers pourraient devenir de nouveaux concurrents. -
A son tour, Barclays annonce des suppressions d’emplois sous couvert d’IA
La banque britannique, pénalisée par le trading obligataire, publie des résultats trimestriels en demi-teinte. Elle annonce un nouveau programme de rachat d’actions à hauteur de 500 millions de livres sterling.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionShahin Vallée : « La France a besoin d'une nouvelle règle budgétaire transpartisane »
Face aux inquiétudes sur la situation financière de la France et au spectre d'une paralysie politique en 2027, l'économiste plaide pour une règle constitutionnelle fondée sur la dépense, plus crédible et plus neutre que celle du RN. -
Quoi de Neuf dans l’actualité Lifestyle du 26 octobre ?
Marin Montagut et Arthus Bertrand signent une collection de médailles porte-bonheur, ALL Accor revoit son programme de fidélité, Swatch fête les quinze ans de sa résidence d’artistes à Shanghai… La rédaction vous livre un florilège des dernières actualités lifestyle. -
Ligne de crêteAu Sénat, un duel corso-corse sur l'autonomie de l'île
Au terme d’un parcours sinueux, le projet de l’autonomie de la Corse est soumis, ce lundi, au vote du Sénat où siègent Jean-Jacques Panunzi et Paul-Toussaint Parigi, les deux élus de l’île que tout oppose