Dans un contexte de hausse des taux d’intérêt et de retournement économique, les professionnels doivent plus que jamais faire preuve de pédagogie vis-à-vis de clients souvent mal formés aux sciences économiques.
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Alexandre Garabedian
Alexandre Garabedian, directeur de la rédaction de L’Agefi.
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Pierre Chiquelin
Orthographe, mathématiques, il paraît que le niveau scolaire baisse d’année en année en France. Mais il est un domaine au moins où il reste remarquablement stable : les connaissances économiques et financières, d’une faiblesse constante à la sortie de l’école comme chez les plus anciens. C’est d’autant plus fâcheux que les confinements et la hausse des marchés en 2020 et 2021 avaient suscité une génération spontanée d’investisseurs particuliers prêts à goûter aux charmes du couple rendement/risque, mais qui ont appris, cette année, à leurs dépens que l’un n’allait jamais sans l’autre.
A l’heure où la planète finance change de régime de taux d’intérêt, le client retail fait encore l’objet de toutes les attentions. On continue à lui bourrer les poches de parts de sociétés civiles de placement immobilier (SCPI), au moment où les professionnels du secteur et les institutionnels évoquent le retournement des prix et la perspective de ventes forcées. On espère, grâce à l’assurance-vie, lui ouvrir grand les portes du capital-investissement et de la dette privée, placements dont on lui vante les rendements et la faible volatilité. Et pour cause, les valorisations n’y sont pas mises à jour avec la même fréquence que pour les actifs cotés. On l’incite à préparer ses vieux jours avec des plans d’épargne retraite, dont, à quelques exceptions près, le superviseur a critiqué à plusieurs reprises les commissions excessives.
Plus de pédagogie
Ces tendances lourdes, que justifie la nécessaire diversification des portefeuilles dans une optique de long terme, obligent l’industrie financière. Un gros travail de pédagogie reste à faire auprès des conseillers financiers, d’abord, des clients, ensuite, sur la nature et la liquidité de ces investissements. Sur leurs coûts et leur performance nette de frais, aussi. C’est, plus largement, toute une population qu’il faudrait éduquer aux bases : le rôle de la monnaie et de la banque, la gestion d’un budget, la valeur prix du temps, par exemple.
Des institutions publiques, des réseaux bancaires, des fintechs s’y mettent, additionnant les initiatives sans toujours les coordonner. Ce travail ne mettra personne à l’abri des désillusions – ce sont les risques du métier – ni des fraudes. Les escrocs à la Madoff et à la Bankman-Fried prospèrent grâce à l’avidité et à la suffisance de leurs victimes, raisons pour lesquelles ils ont aussi réussi à tromper des professionnels aguerris. Du moins peut-il permettre de donner à nos concitoyens un vernis de culture générale. A défaut de pallier les faiblesses d’un système éducatif qui, jusqu’au baccalauréat, fait des sciences économiques le parent pauvre de l’enseignement général.
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