Axa pourrait vendre ou coter XL Re
Si l’assurance est un métier, la réassurance en est un autre. Le groupe d’assurances Axa étudie une vente ou une introduction en Bourse de sa division de réassurance dommages XL Re, domiciliée aux Bermudes, rapportait Reuters mardi soir. Selon l’agence de presse, ces réflexions sont à un stade préliminaire. Contacté par L’Agefi, un porte-parole d’Axa n’a pas souhaité commenter ces informations.
Ce n’est pas première fois que la cession de cette activité est évoquée. Dès le rachat de XL Group par Axa en 2018, pour 15 milliards de dollars, les dirigeants du groupe d’assurances avaient dû démentir des rumeurs en ce sens. Conserver cette activité semblait alors étrange à certains observateurs. Même si le groupe Axa dispose d’un pôle de réassurance interne, il s’était séparé, en 2006, d’Axa Re, son entité de réassurance externe.
Plus récemment, en 2021, plusieurs médias rapportaient des négociations entre le groupe d’assurances et le mutualiste Covéa. La valorisation de la filiale était alors estimée à environ 4 milliards d’euros.
L’assurance et la réassurance peuvent paraître proches, mais la cyclicité des résultats de ces deux activités se révèlent très différentes. Les réassureurs sont sujets à des variations de leurs résultats bien plus importantes que l’assurance dommage ou l’assurance-vie. Or, cette volatilité peut vite constituer un problème pour des groupes d’assurances cotés, comme c’est le cas d’Axa. Par ailleurs, XL Re est «une filiale dont Axa a réduit les risques et retiré des capitaux ces dernières années, et ce n’est clairement pas un domaine d’intérêt ‘central’ pour le groupe», peut-on lire dans une note de recherche de JPMorgan.
Période propice
Ce n’est pas un hasard si une cession d’Axa Re revient aujourd’hui sur le tapis. Alors que les revenus sur cette activité se sont fortement contractés en 2022 – ceux d’Axa sur ce segment ont chuté d’un tiers par rapport à l’année précédente –, le secteur devrait se redresser grâce à la hausse des tarifs. Le courtier Gallagher Re a, par exemple, constaté que les primes de la réassurance de biens aux Etats-Unis avaient augmenté de 50% lors de la dernière fenêtre de renouvellement des tarifs.
Le moment pour une cession ou une introduction en Bourse (IPO) paraît propice, d’autant que plusieurs opérations, comme la vente du réassureur Validus Re par American International Group, pour 3 milliards de dollars, se sont soldées par un succès. Une cession d’XL Re «suggérerait qu’Axa continue de rechercher des activités à céder dans le groupe pour concentrer ses investissements en capital et sa stratégie sur les domaines clés», estiment les équipes d’analystes de JPMorgan, qui s’attendent d’ailleurs à d’autres cessions d’Axa dans les prochaines années.
(avec agences)
Plus d'articles du même thème
-
Le vertige d’une fusion entre géants de la pharmacie peine à séduire les marchés
AstraZeneca et Bristol Myers Squibb explorent le scénario d’un mariage. L’union du laboratoire britannique et de son homologue américain donnerait naissance à un titan de la santé de plus de 100 milliards de dollars de chiffre d’affaires et de 400 milliards de capitalisation. Or, les investisseurs sont circonspects. -
Prysmian accroît encore sa force de frappe sur le marché américain
L’acquisition d’Atkore pour une valeur d’entreprise de 3,8 milliards de dollars renforcera la présence du fabricant italien de câbles dans les équipements électriques. -
EasyJet aligne les échéances calendaires de ses deux prétendants
Les groupes de private equity Castlelake et Apollo Global Management devront désormais déposer une offre ferme au plus tard le vendredi 7 août.
ETF à la Une
First Trust et Global X ETFs rejoignent la course aux ETF spatiaux
- La Société Générale affiche une forme olympique avant un nouveau plan à trois ans
- Les investisseurs troquent leurs carrés Hermès contre des sacs Gucci
- La Société Générale augmente sa cible de rentabilité et va racheter 1,5 milliard d'euros d'actions
- L’IA irrigue la croissance des entreprises du CAC 40
- Citadel vole au secours d'un concurrent mis au tapis par la correction de la tech
Contenu de nos partenaires
-
PrudenceLa France durcit le contrôle des capitaux étrangers
Un seuil a été abaissé pour examiner plus fréquemment les mouvements de capitaux dans les sociétés sensibles. Mais des parlementaires ont plaidé récemment pour une véritable doctrine de sécurité économique -
Juger au mériteEntreprises : pourquoi les rémunérations s’individualisent
Après une pause post-Covid, les grands groupes français renouent avec les augmentations salarié par salarié -
Clash of clansDans le Michigan, la primaire démocrate qui dit tout de la crise du parti
Dans cet Etat pivot conquis par Donald Trump, les militants doivent choisir entre un candidat populiste et une modérée pour reprendre le contrôle du Sénat. Et décider de la direction que doit prendre le parti démocrate d'ici à 2028