Covéa lorgne un portefeuille de réassurance dommages d’Axa
Il faut donner du temps à l’ambition. Après deux tentatives ratées d’acquisition de réassureurs, Partner Re en 2020 et Scor en 2018, Covéa serait en passe de remplir son objectif de diversification dans la réassurance. Le groupe mutualiste étudierait le rachat des activités de réassurance dommages d’Axa, logées chez l’entité bermudienne d’Axa XL, Axa XL Re, rapporte L’Argus de l’Assurance. L’entité est d’ailleurs née en avril 2021 à la suite d’une réorganisation. Si les deux groupes indiquent à L’Agefi ne pas faire de commentaire, le média précise que la banque d’affaires Rothschild & Cie accompagnerait Covéa dans l’approche.
«Ce portefeuille, qui comprend un montant de primes annuelles d’environ 5 milliards de dollars, devrait être valorisé entre 4 et 5 milliards de dollars en cas de transaction», explique Louis Nonchez, analyste chez Octo Finances, qui compare avec Partner Re, dont la valorisation estimée était inférieure à 8 milliards de dollars début 2020 pour 7,3 milliards de primes brutes au cours de l’exercice précédent.
«Cette opération serait plutôt positive pour Covéa, qui pourrait aussi réaliser de la réassurance interne pour leurs propres portefeuilles et ainsi faire des économies», juge Louis Nonchez. Déjà, le groupe mutualiste a acquis 30% du portefeuille de réassurance vie américain domicilié en Irlande de Scor, pour un montant d’un milliard d’euros, dans le cadre d’un protocole transactionnel pour mettre fin à leur différend. Des synergies sont espérées avec ses activités d’assurance vie.
Axe stratégique d’Axa
Cette cession s’inscrit aussi dans la stratégie d’Axa. En cédant ce portefeuille de réassurances dommages, «Axa continuerait, de son côté, la simplification de sa structure en se délestant de certains risques tout en continuant à privilégier l’assurance de spécialité et les risques d’entreprises, que nous comprenons comme étant les véritables motifs de l’acquisition de XL Group il y a trois ans», estime Louis Nonchez.
Plus globalement encore, cette simplification de la structure s’accompagne d’une concentration des activités de l’assureur selon une revue de portefeuille lancée dès 2017. Celle-ci consiste à étudier l’activité non pas selon la géographie mais le potentiel du marché selon le métier. Dans cette logique, l’assureur a déjà vendu des activités en Pologne, République tchèque ou encore en Malaisie .
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