La vidéo du jour : Une Fed sous la pression de Donald Trump et des marchés
C’est dans un climat délétère que la Réserve fédérale américaine rendra ce soir sa dernière décision de politique monétaire de l’année. Délétère, car Donald Trump ne perd pas une occasion d’apostropher Jerome Powell, le président de la Fed. Mardi encore, le locataire de la Maison-Blanche a mis en garde la banque centrale contre une «nouvelle erreur» qui consisterait à relever les taux directeurs. Il serait pourtant surprenant que Jerome Powell cède dans l’immédiat aux coups de boutoir présidentiels. Les marchés tiennent pour acquise l’annonce, mercredi soir, d’un nouveau tour de vis de 25 points de base, le quatrième en 2018.
Mais qu’en sera-t-il l’année prochaine ? En septembre, les dernières projections des membres de la Fed, les fameux «dots», laissaient encore attendre trois hausses de taux supplémentaires l’an prochain. Les investisseurs, quant à eux, n’anticipent désormais plus qu’un à deux resserrements pour 2019. Leur pessimisme se nourrit du ralentissement prévisible de la croissance américaine, mais aussi d’un dernier trimestre qui a tourné au bain de sang à Wall Street et pour les bourses européennes. Les acteurs du marché scruteront donc toute inflexion dans le ton de la Fed, une inflexion déjà perceptible lors d’un discours de Jerome Powell fin novembre. Les membres du comité de politique monétaire de la banque centrale pourraient aussi ramener de trois à deux leurs projections de hausse de taux l’an prochain, à l’occasion de la mise à jour des «dots» ce mercredi.
La Fed ferait ainsi preuve de souplesse, sans pour autant donner le sentiment d’abdiquer son indépendance devant les invectives de Donald Trump. Car sur le fond, la banque centrale a de vraies raisons de craindre un resserrement trop brutal des conditions financières aux Etats-Unis. L’endettement de certaines entreprises atteint en effet des niveaux préoccupants, et la Réserve fédérale n’aura pas le droit à l’erreur pour gérer à la fois la fin du cycle économique et du cycle de hausses de taux.
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