La vidéo du jour : Les équipementiers veulent maîtriser la chaîne de valeur aéronautique
La bataille pour la valeur ajoutée dans le secteur de l’aéronautique redouble d’intensité. Le rachat, annoncé hier, par United Technologies de Rockwell Collins va remettre tous les concurrents sous tension, sans exclure les avionneurs Boeing et Airbus eux-mêmes.
L’opération n’a rien d’une surprise ; les deux groupes discutaient depuis des semaines. L’étonnant réside plutôt dans son prix : 30 milliards de dollars alors qu’une première offre à 20 milliards avait été faite, et rejetée, il y a moins d’un mois. 50% de hausse du prix en quatre semaines : voilà qui donne une idée de l’urgence de la consolidation vue de la fenêtre de l’acquéreur UTC ! Clairement, il s’agit de sa part d’une réplique à Boeing et Airbus. Non seulement les avionneurs répercutent sans état d’âme la rudesse des temps aéronautiques sur leurs fournisseurs, en comprimant leurs marges, mais encore ils prétendent leur faire de l’ombre en s’étendant vers l’aval de la chaîne. En clair, tous deux visent le marché des services aéronautiques, et notamment la maintenance où les marges sont les meilleures.
Boeing vient ainsi de créer une filiale dédiée, Boeing Global Services, qui vise 50 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Le patron d’UTC n’avait pas caché le mal qu’il en pensait, en déclarant : «Si d’un coup nous perdons la maintenance, je n’ai plus vraiment d’affaires.» Sa réaction n’a donc pas tardé. Reste à savoir si elle est la meilleure.
Car sur l’opportunité de la course à la taille, les avis sont partagés.Si Safran par exemple a réalisé une opération comparable en rachetant Zodiac, le PDG de Thalès Patrice Caine s’affirme pour sa part sceptique. Ni l’un ni l’autre en tout cas ne s’estiment parmi les plus menacés.
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