La vidéo du jour : le soja américain, cas d’école des tensions commerciales
Personne ne doutait que la Chine réponde du tac au tac aux sanctions commerciales des Etats-Unis. Les marchés financiers ont pourtant accusé le coup mercredi, et cela pour deux raisons. D’abord, la rapidité de la réaction. Pékin a annoncé des droits de douane de 25% sur une centaine de produits américains importés, onze heures seulement après que Washington eut dévoilé des mesures similaires. Surtout, la liste publiée par la Chine témoigne d’une escalade inquiétante entre les deux puissances commerciales.
Le cas du soja américain est à cet égard exemplaire. Avec d’autres matières premières agricoles, comme le maïs et le coton, il se retrouve aujourd’hui visé par les mesures de rétorsion chinoises. Or, les Etats-Unis sont le premier producteur mondial de soja, juste devant le Brésil. Ils en exportent chaque année pour environ 12 milliards de dollars vers la Chine, qui constitue de loin leur premier marché. Avec ces nouveaux tarifs douaniers, Pékin cible donc clairement l’électorat rural de Donald Trump, celui des Etats agricoles comme l’Iowa. Les prix des contrats sur le soja américain traités à la Bourse de Chicago ont plongé de plus de 5% durant la séance de mercredi.
Mais la Chine joue également gros dans ce dossier. Elle importe massivement du soja américain pour nourrir ses élevages de porcs, dont elle est à la fois le premier producteur et premier consommateur au monde. Bien sûr, les exportateurs de soja brésiliens et argentins se feront un plaisir de supplanter leurs concurrents nord-américains. Mais il n’est pas sûr que Pékin parvienne à couvrir ses besoins sans s’exposer à une hausse des prix qui pénaliserait son industrie alimentaire et, in fine, ses consommateurs. Si la Chine a montré sa fermeté, elle a tout intérêt, comme les Etats-Unis, à ce que la négociation reprenne ses droits.
Plus d'articles du même thème
-
Diana Hazvartian (CDC) : "Les taux de défaut sur la dette privée sont historiquement bas en Europe"
Selon la responsable des investissements en dette privée de la Caisse des dépôts, il ne faut pas faire d'amalgame entre les Etats-Unis et l'Europe en matière de dette privée. Néanmoins, il convient de rester vigilant sur cette classe d'actifs dont le marché est en plein essor. -
PARTENARIAT« La volonté de souveraineté des Etats estompe les avantages compétitifs des multinationales »
Interview de Jacques-André Nadal, Directeur général délégué en charge des gestions de Covéa Finance. -
PARTENARIATQuelles perspectives pour un marché de l’épargne en pleine transformation ?
Julien Ducoup, Partner, Responsable du secteur de l’assurance et Nicolas Boulay, Partner, Assurance, au sein de Square Management, évoquent dans cette interview vidéo les thèmes qui seront débattus lors de cet évènement, le jeudi 18 juin prochain, à partir de 17h30 au Shangri-La. -
PARTENARIATRéinventer la contactabilité à l’ère des interactions
L'enjeu n'est plus d'augmenter le volume des interactions, mais d'en améliorer la pertinence et l'efficacité. C'est précisément ce que permet Spacivox. -
Léovic Lecluze (Groupe Matmut) : « On est encore rémunérés pour le risque mais plus pour la prime d'illiquidité »
L’investissement dans la dette privée fait toujours sens, selon la conviction du directeur des investissements du groupe Matmut, mais il convient d’être prudent sur le type de risque pris. -
PARTENARIAT« Coface un dispositif de Back Up Servicing robuste au service de la sécurisation des opérations de titrisation »
Interview vidéo avec Rachid Aoulad Hadj, Directeur des ventes sur les solutions de recouvrement pour l’Europe de l’Ouest, Coface.
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- La BCE s'apprête à relancer un cycle de resserrement monétaire
Contenu de nos partenaires
-
Seine ColèreLyhanna, périscolaire et violences à Paris : quand l’Etat ne protège plus personne
Même si les situations sont différentes, un constat inquiétant s’impose : l’Etat ne protège plus les Français. La République est devenue incapable d’exercer ses missions régaliennes essentielles qui fondent notre contrat social -
Mort de Nahel : la Cour de cassation annule la requalification des faits visant le policier
Ce vendredi, la Cour de cassation a demandé à la cour d'appel de Versailles de se prononcer à nouveau sur la qualification des faits reprochés. -
Question 11Succession : comment protéger son conjoint survivant ?
Enfants en commun, famille recomposée, type de régime matrimonial : selon la situation de vie, les outils pour protéger le conjoint survivant ne sont pas les mêmes