La vidéo du jour : L’Allemagne se donne les moyens d’éconduire les investisseurs chinois
Tandis que l’Europe tergiverse, l’Allemagne passe aux actes : Berlin a adopté hier de nouvelles règles lui donnant les moyens de bloquer les investisseurs non européens qui convoiteraient des actifs nationaux stratégiques.
Cette réglementation n’impliquant pas le vote d’une loi, elle sera effective rapidement.
Par actifs stratégiques, le texte vise une large gamme de secteurs liés aux infrastructures, surtout les sociétés technologiques qui travaillent pour elles.
Réseaux électriques et de télécommunications, centrales électriques, systèmes de gestion de l’eau, banques, hôpitaux, aéroports et chemins de fer seront très surveillés. De même, les spécialistes du «cloud» où les sociétés stockent leurs données feront aussi l’objet de la plus grande attention.
Autre nouveauté : les autorités auront un délai de réponse doublé, à quatre mois, en cas d’enquête sur un investisseur suspect.
Le critère-clé, cité par le gouvernement, est celui de la réciprocité. Les économies moins ouvertes que l’Allemagne seront les moins bienvenues. La Chine n’aura pas tort de se sentir visée.
Voilà qui pourra inspirer d’autres pays européens soucieux de conserver leurs joyaux sous contrôle. C’est le cas des Pays-Bas et du Royaume-Uni, deux pays de tradition fort libérale.
Ça ne l’est pas encore de toute l’Union et c’est dommage. Au dernier sommet européen, Emmanuel Macron n’avait pas été suivi dans sa charge sur le sujet, jugée protectionniste. Bien des pays ne sont pas en état de se passer du capital non européen, notamment chinois.
Tout au plus la Commission a-t-elle été priée d’analyser quelques secteurs spécifiques comme la banque, l’énergie et la technologie. Un hors d’œuvre avant l’ouverture en grand du chantier ?
Plus d'articles du même thème
-
Christian de Kerangal (IEIF) «Le secteur immobilier a trop peu investi dans la R&D»
La recherche et développement (R&D) ne représente qu'aux environs de 0,9% du chiffre d’affaires des promoteurs et constructeurs a pointé Christian de Kerangal, directeur général de l’IEIF (Institut de l'Epargne Immobilière et Foncière), lors du Forum Immobilier et Finance, organisé par L’Agefi le 8 octobre 2026. Un budget qu’il estime pourtant essentiel pour construire et «produire la ville» de façon moins coûteuse dans un contexte de crise de l’industrie. -
Charlotte Gourdais (Carac) : «Nous allons profiter du momentum de la hausse des taux pour saisir certaines opportunités»
L'immobilier, sous forme directe ou indirecte, représente près de 13% des actifs du groupe Carac, mais l'heure est à l'arbitrage. Charlotte Gourdais, responsable immobilier du groupe, a partagé ses convictions lors du Forum Immobilier et Finance, organisé par L'Agefi le 8 octobre. -
Pierre-Yves Guice (Paris La Défense) : «L'offre de bureau est surdimensionnée à l'échelle du Grand Paris»
Le quartier de la Défense se redessine pour maintenir son rôle de moteur économique. Le directeur général de Paris La Défense s'est exprimé à l'occasion du Forum Immobilier et Finance, organisé par L'Agefi le 8 octobre. -
Stanislas Barthelemi (Adan) : «Il y a une diversification des acteurs dans l’écosystème des crypto»
A l’occasion de la première édition de Bank Acceleration, Stanislas Barthelemi, président de l’Adan, a fait le point sur les évolutions en cours au sein de l’écosystème des professionnels des actifs numériques. Il souligne notamment une diversification à la fois dans la typologie des acteurs, avec l’arrivée des banques traditionnelles, mais aussi dans les univers d’investissement ciblés. -
Bertrand Hassani (Quant AI Lab) : «Le futur de la banque, c’est la connexion de tous les systèmes d’information»
Interviewé à l’occasion de l’événement Bank Acceleration, qui s’est tenu le 6 octobre, au Palais Brongniart, Bertrand Hassani, directeur général de Quant AI Lab, a évoqué les avantages d'une IA distribuée pour répondre notamment aux besoins du secteur bancaire. -
Maya Atig (FBF) : «Il faut accepter de l’investissement long»
A l’occasion de l’événement Bank Acceleration organisé par L’Agefi le 6 octobre dernier au Palais Brongniart à Paris, nous avons reçu sur notre plateau TV, Maya Atig, directrice générale de la Fédération bancaire française, afin d’évoquer les limites de la réglementation, mais aussi les enjeux liés à la souveraineté des données bancaires et à la rétention des talents dans la tech notamment.
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
Contenu de nos partenaires
-
EruptifEmmanuel Macron et Sébastien Lecornu face aux crises : comment trouver la sortie ?
Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu doivent répondre aux revendications des lycéens et des syndicats alors que les violences peuvent à nouveau enflammer la France -
CitadelleA Orléans, le récit de « civilité » de Marine Le Pen et du RN à l’épreuve des tensions
Marine Le Pen a placé son lancement de campagne sous le signe de la « civilité », promettant concorde et apaisement. Mais les incidents se sont multipliés à Orléans -
EditoY a-t-il encore une place pour le camp des raisonnables ?
L'ignoble attentat raciste de Trappes a donné un tragique prolongement aux haines qui prospèrent dans une France polarisée et à bout de nerfs.