La vidéo du jour : La City devra s’accommoder du «hard Brexit» tant redouté
En écoutant le Premier ministre britannique achever d’exposer sa feuille de route vers le Brexit, les institutions financières non européennes centrées à Londres ne pouvaient plus en douter : il est temps pour elles de boucler leurs valises. Theresa May exclut que le Brexit puisse s’accompagner d’un maintien dans le marché unique. La fameuse question du passeport, capital pour la City car permettant l’accès à ce marché, est de facto tranchée.
Reste à savoir quel régime l’Union, lors de la négociation d’un traité de commerce global demandé par Londres, pourra accorder à l’industrie financière britannique. Mme May entend faire de ses intérêts et de ceux de l’automobile un cas spécial. Or ce traité, crucial à tous égards, devra être bouclé en un délai express, deux ans, ratification par les 27 membres de l’Union comprise. Un tel traité avec le Canada a pris sept ans !
Comment dès lors, même prioritaire, la finance pourra-t-elle s’assurer des règles du jeu garantissant sa compétitivité ? Coupée du marché de l’euro, dont les institutions de l’Union entendent conserver la maîtrise exclusive par souci de «souveraineté financière», elle perdra à coup sûr un atout essentiel.
Or Mme May n’a pas une main de négociation forte. Sa menace «mieux vaut pas d’accord qu’un mauvais accord» signifiant un simple retour aux règles de l’OMC serait un désastre pour un pays aussi dépendant du commerce.
Quant à son défi de muer son pays en paradis fiscal, il n’impressionne pas. Comment séduirait-il dès lors qu’il ne donnerait pas un accès privilégié au grand marché européen ?
La finance mondialisée qui fit la fortune de la City a désormais les cartes en mains pour agir. On peut parier sans risque qu’à l’été les jeux seront faits.
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