La vidéo du jour: La BCE ménage la chèvre et le chou
La Banque centrale européenne joue les équilibristes. En annonçant hier une réduction du programme d’achats d’actifs de la BCE, son président Mario Draghi a adressé un message fort aux investisseurs. Il a notamment répondu aux critiques venues d’Allemagne. La banque centrale, qui acquiert chaque mois 80 milliards d’euros de dettes privées et surtout publiques, est accusée d’assécher le marché obligataire. Elle risquait surtout de se trouver confrontée très vite à une pénurie de titres à racheter. A compter d’avril 2017, son programme mensuel se réduira à 60 milliards d’euros, soit le niveau qui était le sien jusqu’au printemps dernier.
Mais Mario Draghi ne pouvait pas non plus prendre le risque d’accentuer la remontée des taux en zone euro. Pas question pour lui d’assumer le terme de «tapering», ce mot que la Réserve fédérale américaine avait utilisé en 2013 pour évoquer le ralentissement de son propre programme d’achats. A l’époque, cette perspective avait provoqué un mouvement de panique sur les marchés. La zone euro n’en a pas besoin: les rendements des emprunts d’Etat se sont déjà nettement écartés ces dernières semaines. La faute, entre autres, à la victoire électorale de Donald Trump et au risque politique en Europe, comme l’illustre la vacance du pouvoir en Italie.
La BCE a donc sagement prolongé de neuf mois l’échéance de son programme, jusqu’en décembre 2017, au-delà de ce qu’attendaient les économistes. Cela représentera 540 milliards d’euros supplémentaires à injecter dans le système l’an prochain. La banque centrale a aussi assoupli ses critères d’achat, ce qui lui laisse encore plus de latitude pour mener à bien sa politique accommodante. Et pour enfoncer le clou, Mario Draghi a prévenu que la BCE pourrait à nouveau augmenter le volume de ses interventions si les perspectives d’inflation se dégradent. La prudence du banquier central peut se comprendre: il a reconnu hier que son objectif d’une inflation à 2% ne serait pas atteint avant l’année 2020 au moins.
Plus d'articles du même thème
-
Christian de Kerangal (IEIF) «Le secteur immobilier a trop peu investi dans la R&D»
La recherche et développement (R&D) ne représente qu'aux environs de 0,9% du chiffre d’affaires des promoteurs et constructeurs a pointé Christian de Kerangal, directeur général de l’IEIF (Institut de l'Epargne Immobilière et Foncière), lors du Forum Immobilier et Finance, organisé par L’Agefi le 8 octobre 2026. Un budget qu’il estime pourtant essentiel pour construire et «produire la ville» de façon moins coûteuse dans un contexte de crise de l’industrie. -
Charlotte Gourdais (Carac) : «Nous allons profiter du momentum de la hausse des taux pour saisir certaines opportunités»
L'immobilier, sous forme directe ou indirecte, représente près de 13% des actifs du groupe Carac, mais l'heure est à l'arbitrage. Charlotte Gourdais, responsable immobilier du groupe, a partagé ses convictions lors du Forum Immobilier et Finance, organisé par L'Agefi le 8 octobre. -
Pierre-Yves Guice (Paris La Défense) : «L'offre de bureau est surdimensionnée à l'échelle du Grand Paris»
Le quartier de la Défense se redessine pour maintenir son rôle de moteur économique. Le directeur général de Paris La Défense s'est exprimé à l'occasion du Forum Immobilier et Finance, organisé par L'Agefi le 8 octobre. -
Stanislas Barthelemi (Adan) : «Il y a une diversification des acteurs dans l’écosystème des crypto»
A l’occasion de la première édition de Bank Acceleration, Stanislas Barthelemi, président de l’Adan, a fait le point sur les évolutions en cours au sein de l’écosystème des professionnels des actifs numériques. Il souligne notamment une diversification à la fois dans la typologie des acteurs, avec l’arrivée des banques traditionnelles, mais aussi dans les univers d’investissement ciblés. -
Bertrand Hassani (Quant AI Lab) : «Le futur de la banque, c’est la connexion de tous les systèmes d’information»
Interviewé à l’occasion de l’événement Bank Acceleration, qui s’est tenu le 6 octobre, au Palais Brongniart, Bertrand Hassani, directeur général de Quant AI Lab, a évoqué les avantages d'une IA distribuée pour répondre notamment aux besoins du secteur bancaire. -
Maya Atig (FBF) : «Il faut accepter de l’investissement long»
A l’occasion de l’événement Bank Acceleration organisé par L’Agefi le 6 octobre dernier au Palais Brongniart à Paris, nous avons reçu sur notre plateau TV, Maya Atig, directrice générale de la Fédération bancaire française, afin d’évoquer les limites de la réglementation, mais aussi les enjeux liés à la souveraineté des données bancaires et à la rétention des talents dans la tech notamment.
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
Contenu de nos partenaires
-
Quoi de Neuf dans l’actualité Lifestyle du 26 octobre ?
Marin Montagut et Arthus Bertrand signent une collection de médailles porte-bonheur, ALL Accor revoit son programme de fidélité, Swatch fête les quinze ans de sa résidence d’artistes à Shanghai… La rédaction vous livre un florilège des dernières actualités lifestyle. -
Ligne de crêteAu Sénat, un duel corso-corse sur l'autonomie de l'île
Au terme d’un parcours sinueux, le projet de l’autonomie de la Corse est soumis, ce lundi, au vote du Sénat où siègent Jean-Jacques Panunzi et Paul-Toussaint Parigi, les deux élus de l’île que tout oppose -
Lula réélu à la surprise générale au Brésil, Flavio Bolsonaro demande l’annulation du vote
Au terme d’un scrutin agité, le président sortant a été réélu avec environ 51,8 % des voix. Son rival, fils de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro, n’a pas reconnu sa défaite