La vidéo du jour : Engie, ou quand l’Etat révèle au grand jour son impécuniosité
Beaucoup a déjà été dit sur l’irréalisme des prévisions de déficit retenues par Bercy pour 2017. Mais il appartenait au ministre des Finances en personne de démontrer le peu de cas qu’il faut en faire, à la façon dont a été organisée la vente de titres Engie détenus par l’Etat. Celui-ci a récolté hier 1,14 milliard d’euros en cédant 100 millions d’actions, soit 4,1% du capital. Il a dû consentir aux banques placeuses, Goldman Sachs et Société Générale, une décote exceptionnelle pour prendre le risque du placement : 4,5% sur le cours d’Engie.
C’est donc à 11,40 euros par action, dans la partie basse de la fourchette fixée, que les banques ont acheté, à charge pour elles de revendre au mieux. Ce niveau est tout proche du plus bas historique, touché en novembre à 11,22 euros. C’est dire si l’Etat était pressé. Du coup, le titre de l’énergéticien, qui n’en avait pas besoin, a pris un coup de bambou, en baisse de 3%.
Voilà qui illustre l’impécuniosité réelle de l’Etat, contraint de brader une participation publique pour trouver dans cette recette de poche de quoi initier la recapitalisation du pôle nucléaire. Les conditions de l’opération ne sont pas à la gloire du ministre qui peut être à bon droit accusé de céder les bijoux de famille dans les pires conditions. Elle interpelle aussi sur le rôle de la Commission des participations et des transferts, une autorité administrative indépendante censée se prononcer sur le prix mais dans laquelle ne figure, il faut le déplorer, aucun spécialiste des marchés financiers.
Il est vrai que l’Etat n’avait guère de choix en matière de participations cessibles dans son portefeuille. Il s’est déprécié de 11,5% l’an dernier pour un CAC 40 en hausse de près de 5% !
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIAT« La santé mentale va devenir un facteur de différenciation entre les entreprises et aussi un critère d’investissement »
Entretien entre Denis Panel, CEO de Sycomore AM, et Christophe André, psychiatre et auteur. -
Olivier Bertin, Caisse d’épargne Île-de-France : « La gestion des risques existait avant Trump »
Olivier Bertin, le responsable du département trésorerie-investissements de la Caisse d’épargne Île-de-France, était l’invité de l’Institutional Day organisé par L’Agefi en juin dernier et a répondu à nos questions sur le thème de la gestion des risques. -
Wim Vermeir (AG Assurances - Ageas) : «Le marché est porteur mais nous restons neutre dans notre allocation stratégique»
Depuis l’élection de Trump, l’instabilité géopolitique et économique semble être devenue la nouvelle norme. Wim Vermeir, le directeur des investissements d’AG Assurance – Ageas, invité lors de l’Institutional Day organisé par L’Agefi le 30 juin dernier, explique comment la gestion des risques s’adapte à ce nouveau contexte. -
Céline Boué (Korege) : « La cartographie des risques nous permet de naviguer comme avec une carte de navigation »
Dans un environnement instable, la gestion des risques consiste à distinguer le bon risque du mauvais risque, avec un point d’attention particulier pour les risques majeurs, explique Céline Boué, la directrice des investissements de Korege (Groupe Matmut) à L'Agefi à l'occasion de l'événement Instit Day. -
PARTENARIAT« Réindustrialiser nécessite de bien orienter les investissements vers les éléments clés des chaînes de valeur »
Interview vidéo avec Eric de Tessières, Group Chief Sustainability Officer d’Edmond de Rothschild
- Boeing obtient enfin un précieux sésame sur le 737 Max
- BPCE profite du jackpot de la marge nette d'intérêt
- Prétendant de MPS, Banco BPM devient sa cible, le Crédit Agricole reste au centre du jeu
- TotalEnergies multiplie les arbitrages dans les énergies renouvelables
- Bercy exige des banques un meilleur accompagnement des emprunteurs en difficulté
Contenu de nos partenaires
-
Les « MacronLeaks », première ingérence électorale massive… et ce qu’elle dit du risque pour 2027
En 2017, Emmanuel Macron avait été visé par un vaste piratage attribué à la Russie. Autre époque, autres modes opératoires… Mais des leçons pour la campagne qui s’ouvre, menacée par les ingérences -
Au Venezuela, des pourparlers décisifs s’amorcent dans l'ombre insistante de Washington
Des négociations portant sur l’avenir politique de Caracas s’ouvrent sept mois après la capture de Nicolas Maduro. Le pouvoir en place et l’opposition redoutent l'ingérence américaine -
« Un basculement » : le vertigineux déséquilibre des rapports commerciaux entre la France et la Chine
La Chine représente à elle seule plus de 80 % du déficit commercial de la France, avec 50,3 milliards d’euros de déficit pour la France, sur un total de 59,8 milliards d’euros de déficit commercial extérieur