La vidéo du jour : Ant Financial affirme ses ambitions mondiales dans le paiement
Bloqué dans ses ambitions de croissance aux Etats-Unis, Ant Financial se rabat sur l’Europe. Le pôle de services financiers d’Alibaba, le géant chinois du commerce en ligne, vient de signer sa plus grosse acquisition hors de ses frontières. Il a mis la main jeudi sur le britannique World First, un spécialiste du change et du transfert d’argent à l’international qui s’adresse aux particuliers et aux entreprises, notamment aux commerçants sur internet. Créée à Londres il y a 15 ans, cette entreprise très discrète sur ses comptes traiterait autour de 10 milliards de dollars de flux par an. Le prix de l’acquisition, tenu secret, tournerait autour de 700 millions de dollars.
Il y a tout juste un an, Ant Financial avait échoué à racheter l’américain Moneygram. Le CFIUS, l’organisme qui contrôle les investissements étrangers aux Etats-Unis, avait bloqué le groupe chinois, en invoquant des craintes sur la sécurité des données des citoyens américains. Avec World First, Ant Financial se relance à l’international, sur un continent tout aussi important pour lui, compte tenu des liens commerciaux entre l’Europe et la Chine. De quoi donner un coup de fouet à son application de paiement mobile, Alipay, numéro un sur son marché domestique, mais qui jouit pour l’instant d’une présence modeste sur le Vieux Continent, où elle accompagne les touristes chinois.
Une chose est sûre, Ant Financial déploie méthodiquement sa stratégie. Alipay a obtenu en janvier une licence au Luxembourg pour servir tous les pays de l’Union européenne. Et le groupe chinois n’a pas renoncé à pénétrer les Etats-Unis malgré son échec sur MoneyGram : il multiplie les partenariats avec de grandes enseignes, comme la chaîne de pharmacie Walgreens, pour faire accepter sa solution de paiement.
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