Pioneer devra se mettre aux normes de l’usine Amundi
Les doublons représentent près de 10% de l’entité combinée, qui vise un coefficient d’exploitation de 50% après synergies.
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Alexandre Garabedian
Le sort de la marque Pioneer n’est pas encore défini.
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A son entrée en Bourse, il y a un an, Amundi se présentait comme l’un des gestionnaire d’actifs les mieux gérés au monde, à l’égal d’un BlackRock, avec un coefficient d’exploitation de 52,4% en 2015. Ce modèle industriel d’usine à bas coûts fonde l’économie du rachat de Pioneer, effectué à un prix relativement élevé de 3,55 milliards d’euros, soit 16,6 fois le résultat net avant synergies, mais de 10 fois après synergies, alors qu’Amundi se paie 15 fois ses bénéfices.
La filiale d’UniCredit, très «retail», affiche un taux de marge sur actifs bien supérieur : 42 points de base contre 18 pb pour Amundi. Cet avantage est largement consommé par un coefficient d’exploitation de 11 points supérieur. En pro forma, les deux groupes auraient affiché un ratio de coûts sur revenus de 56% l’an dernier, que la filiale du Crédit Agricole entend réduire de 6 points. Un effort qui représente 150 millions d’euros de synergies annuelles avant impôt, ou encore 27% de la base de coûts de Pioneer. «Les synergies sont un peu au-delà des attentes, mais pas déconnectées des transactions précédentes», estiment les analystes actions de Credit Suisse. Dans une note publiée avant la transaction, ceux de Jefferies rappelaient que la fusion de CAAM et SGAM pour créer Amundi en 2010 avait entraîné des réductions de coûts de 20%.
Plusieurs gérants sont déjà partis
Une chasse aux doublons est donc à prévoir dans les services informatiques et administratifs et dans les plates-formes de gestion. Plusieurs gérants de Pioneer sont déjà partis ou en ont formé le projet ces derniers mois. Lors d’une conférence de presse à Milan, Yves Perrier, directeur général d’Amundi, a évalué hier les suppressions de postes à «un peu moins de 10% de l’entité combinée Pioneer-Amundi», qui compte 5.800 salariés. Pour faire bonne figure en Italie, l’effectif à Milan devrait doubler à 600 collaborateurs d’ici à la fin de l’intégration. Le sort de la marque Pioneer, lui, «n’est pas encore défini».
Cette logique de baisse du point mort, au cœur de la stratégie d’Amundi, ne doit cependant pas occulter les autres aspects de la transaction : 30 millions d’euros de synergies de revenus attendues chaque année, une place de 8e gestionnaire mondial par les encours, des accords de distribution de 10 ans avec les réseaux d’UniCredit, ou encore une vraie présence aux Etats-Unis. «Nous gardons Pioneer US», a précisé hier Yves Perrier.
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