Pioneer devra se mettre aux normes de l’usine Amundi
A son entrée en Bourse, il y a un an, Amundi se présentait comme l’un des gestionnaire d’actifs les mieux gérés au monde, à l’égal d’un BlackRock, avec un coefficient d’exploitation de 52,4% en 2015. Ce modèle industriel d’usine à bas coûts fonde l’économie du rachat de Pioneer, effectué à un prix relativement élevé de 3,55 milliards d’euros, soit 16,6 fois le résultat net avant synergies, mais de 10 fois après synergies, alors qu’Amundi se paie 15 fois ses bénéfices.
La filiale d’UniCredit, très «retail», affiche un taux de marge sur actifs bien supérieur : 42 points de base contre 18 pb pour Amundi. Cet avantage est largement consommé par un coefficient d’exploitation de 11 points supérieur. En pro forma, les deux groupes auraient affiché un ratio de coûts sur revenus de 56% l’an dernier, que la filiale du Crédit Agricole entend réduire de 6 points. Un effort qui représente 150 millions d’euros de synergies annuelles avant impôt, ou encore 27% de la base de coûts de Pioneer. «Les synergies sont un peu au-delà des attentes, mais pas déconnectées des transactions précédentes», estiment les analystes actions de Credit Suisse. Dans une note publiée avant la transaction, ceux de Jefferies rappelaient que la fusion de CAAM et SGAM pour créer Amundi en 2010 avait entraîné des réductions de coûts de 20%.
Plusieurs gérants sont déjà partis
Une chasse aux doublons est donc à prévoir dans les services informatiques et administratifs et dans les plates-formes de gestion. Plusieurs gérants de Pioneer sont déjà partis ou en ont formé le projet ces derniers mois. Lors d’une conférence de presse à Milan, Yves Perrier, directeur général d’Amundi, a évalué hier les suppressions de postes à «un peu moins de 10% de l’entité combinée Pioneer-Amundi», qui compte 5.800 salariés. Pour faire bonne figure en Italie, l’effectif à Milan devrait doubler à 600 collaborateurs d’ici à la fin de l’intégration. Le sort de la marque Pioneer, lui, «n’est pas encore défini».
Cette logique de baisse du point mort, au cœur de la stratégie d’Amundi, ne doit cependant pas occulter les autres aspects de la transaction : 30 millions d’euros de synergies de revenus attendues chaque année, une place de 8e gestionnaire mondial par les encours, des accords de distribution de 10 ans avec les réseaux d’UniCredit, ou encore une vraie présence aux Etats-Unis. «Nous gardons Pioneer US», a précisé hier Yves Perrier.
Plus d'articles du même thème
-
Les gestionnaires d'actifs affrontent le défi de la réversibilité technologique
Face à leur dépendance croissante aux prestataires externes, les sociétés de gestion cherchent à préserver leur autonomie de gouvernance. Lors de l'AM Tech Day organisé par L'Agefi, elles ont montré que maîtrise des compétences, réversibilité et anticipation des risques sont devenues des enjeux de résilience opérationnelle. -
BPCE poursuit sa conquête du Portugal en achetant Gamalife à Apax Partners
Le groupe mutualiste, qui publie ses résultats trimestriels, confirme qu’il veut reprendre le bancassureur de Novobanco, cédé par la banque portugaise en 2019. -
EXCLUSIFRelyens étudie les offres de rachat de son activité de courtage
L’assureur mutualiste a reçu plusieurs marques d’intérêt pour la cession de sa filiale, ex-Sofaxis, valorisée 500 millions d’euros. -
Le marché suisse des fonds se rapproche des 2.000 milliards de francs suisses d’encours
Le marché helvétique a collecté à fin septembre 2026 plus de 32 milliards de francs suisses depuis le début de l’année, selon l’Association de la gestion d’actifs suisse (Amas). -
L'AMF demande aux fonds monétaires de relever leurs tampons de liquidité
Le régulateur insiste sur la détection précoce des tensions et la rapidité des mesures correctrices liées à la liquidité. Un enjeu pour un marché français dont les encours approchent 480 milliards d’euros en août 2026. -
Le milliardaire tchèque Michal Strnad veut prendre le contrôle du premier actionnaire d'EssilorLuxottica
Propriétaire du fabricant d'armes CSG, l'homme d'affaires souhaite se diversifier dans les lunettes. Il propose 30 milliards d'euros pour reprendre Delfin, la holding qui détient 32,4% du géant franco-italien de l'optique.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Dette immobilière, le plus difficile reste à venir
- Amundi sort un trimestre solide mais sans records
- BNPP AM collecte 31 milliards d’euros sur les 9 premiers mois de l’année 2026
- Benoît Jauvert et David Kalfon (Flornoy Ferri et Sanso Longchamp AM) : «La combinaison de nos offres va donner naissance à une proposition de valeur plus globale»
- Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
Contenu de nos partenaires
-
Tic tacPrimaire: Gérard Larcher lance le compte à rebours
Si aucun candidat de la droite et du centre ne s'impose d'ici fin décembre, « il faudra un sursaut en début d'année », prévient le président du Sénat -
Visé par de nouvelles hausses de taxes, le secteur aérien en pleine zone de turbulences
Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit de multiples dispositions qui relèvent la fiscalité sur différents acteurs du secteur aérien, et qui pourraient répercuter ces taxes sur les prix des billets d’avion -
EditorialCNews, LFI : le piège démocratique
Pluralisme : pourquoi vouloir interdire CNews ou dissoudre LFI est un piège démocratique