Pékin s’inquiète du poids tentaculaire pris par la finance de l’ombre
Les autorités chinoises commencent à s’inquiéter du poids pris par la finance de l’ombre dans l’économie du pays. Selon le Financial Times, Pékin compte s’attaquer au problème en réclamant aux banques une plus grande transparence sur le poids de leurs activités hors bilan, dans le cadre d’un programme test qui devrait débuter à Shanghai à la fin du mois de mars ou début avril.
La fixation d’un seuil limite concernant le poids des produits d’investissement hors bilan (Wealth management products, WMP) dans les actifs totaux des banques est même en préparation. Deux banquiers cités par le journal affirment que les autorités les auraient informés de leur volonté de limiter les WMP à 20% de leur base de dépôts. «Le but principal est de gérer les risques des WMP. Les mesures de transparence comprendront la publication d’informations sur la taille, les caractéristiques, la maturité et les intérêts de ces produits» indique une source.
La popularité de ce type de produits a explosé du fait de rendements attractifs. Un membre de la Commission de régulation bancaire chinoise, Wang Yanyou, estimait récemment que le taux moyen des WMP est de 4,1%, soit un demi-point de plus que le taux maximum de dépôts à un an. Un rendement qui attire les épargnants, avec une hausse des encours de WMP qui est passée de 4.600 milliards de yuans en 2001 à 7.600 milliards fin 2012. Le poids des WMP dans les dépôts bancaires totaux a ainsi atteint 8,3% fin décembre, contre 5,7% un an plus tôt. Or, Wang Yanyou avait émis des craintes quant à l’opacité des actifs sous-jacents des WMP.
«Malgré une politique monétaire ultra-accommodante depuis octobre 2011, la masse monétaire M1 a progressé d’environ 4% en 2012. Ce qui reflète le manque de liquidités dont disposent les sociétés, ainsi que l’afflux de nouveaux dépôts dans les WMP» explique la société de gestion GaveKal. En outre, la restriction du crédit par les autorités face à la hausse des prix de l’immobilier a contraint les petites entreprises à des sources de financement parallèles. «Les grosses banques sous contrôle de l’Etat tendent à prêter aux grosses entreprises» ajoute JPMorgan.
Mais la finance de l’ombre chinoise touche également l’Etat. Les prêts bancaires aux gouvernements locaux ont peu progressé, de 1,5% en 2012 à 9.250 milliards de yuans, faisant ainsi exploser de 148% à 640 milliards les émissions réalisées par les véhicules d’investissements parallèles. Pékin a même dû rallonger la maturité de plus de 3.000 milliards de yuans d’emprunts des gouvernements locaux qui arrivaient à échéance.
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