Mediobanca veut racheter la banque privée de Generali
Mediobanca n’aura pas perdu de temps. Alors qu’il vient d’obtenir une victoire nette dans le dossier Generali en maintenant ses soutiens à la direction de l’entreprise, le groupe se lance dans l’acquisition de Banca Generali, la banque privée détenue à 50,2% par l’assureur.
Il propose 6,3 milliards d’euros pour la totalité du capital de sa cible. Pour financer l’opération, Mediobanca, qui fait elle-même l’objet d’une OPA de la part de Monte dei Paschi (MPS), compte s’appuyer sur les 13% du capital de Generali qu’elle détient. Elle offre 1,7 action de l’assureur pour un titre Banca Generali, ce qui fait ressortir un prix implicite de 54,17 euros, soit une prime de 11% sur le cours de clôture du 25 avril.
Cette acquisition renforcerait significativement le poids de la gestion de fortune dans l’activité de Mediobanca. Ses revenus dans le domaine seraient multipliés par deux, à 2 milliards, et son profit net par quatre, 0,8 milliard d’euros, représentant environ 50% du bénéfice net global du nouvel ensemble.
Banca Generali affiche 104 milliards d’euros d’actifs totaux, dont 64 milliards d’euros actifs sous gestion issus aux deux tiers de son activité de banque privée. La fusion porterait ces indicateurs à 210 milliards et 110 milliards d’euros, respectivement.
300 millions d’euros de synergies
Mediobanca attend 300 millions d’euros de synergies de l’opération, dont 50% liés à des réductions de coûts, 28% à un effet revenus et 22% dus à une baisse des frais de financement. L’intégration occasionnera en revanche un coût exceptionnel de 350 millions d’euros réparti sur deux ans.
«La combinaison de Banca Generali et de Mediobanca, qui sera réalisée par la réaffectation du capital investi dans Assicurazioni Generali, parachève le processus de transformation entamé par le groupe il y a plus de dix ans, lorsque la cession progressive de ses participations s’est accompagnée du lancement d’activités en gestion de patrimoine, ainsi que d’un renforcement significatif dans la banque d’investissement et le crédit à la consommation», a indiqué le directeur général de Mediobanca, Alberto Nagel, dans un communiqué.
Ce projet d’acquisition sonne aussi comme un moyen offensif de contrer l’offre non sollicitée de MPS, portée par les familles Caltagirone et Del Vecchio que Mediobanca a par ailleurs affrontées lors de l’assemblée générale de Generali la semaine dernière. En se débarrassant de ses actions dans Generali, la banque milanaise ferait une cible bien moins appétissante pour le trio MPS-Caltagirone-Del Vecchio.
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