Mario Monti quittera la présidence du Conseil italien après le vote du budget
Le calendrier politique va s’accélérer en Italie. Alors que les élections législatives étaient prévues en mars prochain, le scrutin pourrait être avancé à février. Le président du Conseil Mario Monti a fait part samedi de sa décision «irrévocable» de démissionner après l’adoption du budget 2013. Celui-ci contient notamment une hausse d’un point de la TVA, ainsi qu’une diminution d’un point du taux d’imposition sur les revenus des deux tranches les plus basses. Les élections devront se dérouler dans les 45 à 75 jours qui suivront la dissolution du Parlement par le président italien Giorgio Napolitano. Le mandat de Mario Monti devait s’achever en avril mais la défiance des partisans de Silvio Berlusconi la semaine dernière a changé la donne.
Une stratégie minutieusement préparée par «Il Cavaliere», lequel a annoncé dans la foulée son intention de revenir aux affaires, contredisant ainsi de précédentes déclarations. «C’est avec tristesse que je retourne à la vie publique», a-t-il déclaré. «Et je le fais une nouvelle fois par sens des responsabilités». Sa formation, le Peuple de la Liberté (PDL), soutiendra l’adoption du budget au Parlement, affirmant ne pas vouloir «plonger le pays dans le chaos». Le retour de Silvio Berlusconi, condamné à quatre ans de prison pour fraude mais laissé libre dans l’attente du procès en appel, se fait toutefois derrière l'étendard d’un parti en mauvaise posture. Selon un sondage de l’institut SWG, le PDL arrive seulement en troisième position avec 13,8% des intentions de vote, derrière le Mouvement 5 étoiles (19,7%) et le Parti démocrate (30,3%).
Il n’est pas exclu que Mario Monti, qui a mené depuis son arrivé au pouvoir il y a un an une politique de rigueur, se présente aux élections mais il devrait, dans cette éventualité, renoncer à son statut de sénateur à vie. Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a mis en garde contre un relâchement de l’effort à l’approche des élections. «Ces prochaines élections ne doivent pas être un prétexte pour remettre en question des mesures qui sont vraiment indispensables. Le calme relatif sur les marchés ne signifie pas que nous sommes sortis de la crise», a-t-il souligné lors d’un entretien à Il Sole 24 Ore.
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