L’internationalisation du renminbi trouve écho auprès des investisseurs
Les émetteurs internationaux se tournent vers le renminbi (RMB). Mardi, c’est l’International Finance Corporation (IFC), le bras financier de la Banque mondiale, qui a émis une obligation à trois mois de 300 millions de yuans (37 millions d’euros). Une émission, notée AAA par Moody’s et S&P, qui est cotée sous le pair et ne porte pas de coupon, avec un remboursement du capital «in fine». L’IFC était déjà le premier émetteur non chinois à émettre des «Panda bonds», obligations libellées en RMB émises sur le marché chinois, en 2005. Cette opération «rentre complètement dans notre mission de promouvoir les échanges internationaux», indique Jingdong Hua, trésorier de l’IFC.
«Les émetteurs ont trouvé des sources de financement attractives, et ont également réussi à attirer de nouveaux investisseurs», explique James Fielder, responsable chez HSBC. L’année 2012 avait déjà vu le volume total des émissions de dette libellées en renminbi progresser de 70% pour atteindre 3.510 milliards de yuans (430 milliards d’euros), selon Dragonomics. Le stock total d’obligations en circulation a ainsi connu un essor de 42%, à 6.040 milliards de yuans, soit l’équivalent de 12% du PIB chinois. «Un chiffre impressionnant pour une économie qui a longtemps reposé sur les banques plutôt que sur les marchés de capitaux», estime Dragonomics.
Pékin cherche à libéraliser ses marchés financiers et à réduire sa dépendance au dollar. Vendredi, la Banque Populaire de Chine (PBOC) et la Banque d’Angleterre (BoE) ont indiqué être proches d’un accord sur la constitution d’une ligne de swap qui permettrait aux emprunteurs britanniques d’avoir accès au marché du renminbi. Le Royaume-Uni rejoindrait 20 autres pays (dont l’Australie, le Brésil, la Russie, Hong Kong ou l’Islande) qui bénéficient déjà d’une ligne de swap de devises avec la Chine. Taiwan a déjà obtenu l’autorisation de compenser des transactions en renminbi, et pourrait lancer son propre marché obligataire en devise chinoise dans les prochains jours.
«L’impact serait plus important si ces émissions encourageaient un plus grand nombre de sociétés internationales à accepter d’utiliser le RMB pour le règlement de leurs échanges», note Dariusz Kowalczyk, stratégiste chez Crédit Agricole CIB. Pour l’heure, le renminbi représente 1% des 4.000 milliards de dollars échangés chaque jour sur le marché des devises internationales.
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