Amundi se serait certainement passé d’une telle publicité. À l’image de ce qu’avait subi l’américain BlackRock il y a quelques années en France, le groupe Extinction Rebellion s’est attaqué physiquement aux locaux d’Amundi, situés boulevard Pasteur à Paris, vendredi 24 mai au matin. De nombreuses images circulent sur les réseaux sociaux, le groupement ayant bien préparé son intervention filmée.
D’après ces images, certaines personnes du groupe restent pacifiques, tandis que d’autres agissent avec violence, essentiellement contre la porte d’entrée, les baies vitrées qui ont été cassées, les murs et les ascenseurs qui ont été tagués parfois du sigle A des anarchistes - utilisant pour certains des pieds de biche, des marteaux, des fumigènes et de la peinture.
« Une petite dizaine de blessés sont à déplorer du côté d’Amundi » selon une porte-parole de la filiale du Crédit Agricole. Il s’agit en l’occurrence du personnel de surveillance de l’immeuble qui a tenté de s’interposer avec une lance à incendie. Manon Aubry, tête de liste de LFI aux élections européennes, était présente sur les lieux et a prononcé un discours. La police est intervenue pour interpeller plusieurs personnes.
Amundi tenait ce matin au même moment son assemblée générale. Mais les militants d’Extinction Rebellion étaient essentiellement venus pour manifester leur mécontentement face au fait qu’Amundi soit l’un des premiers actionnaires de TotalEnergies. Le groupe pétrolier devait tenir lui son assemblée générale ce même jour vendredi après-midi.
« Nous condamnons fermement toute forme de violence, a réagi Amundi un peu plus tard dans la journée. Aussi, Amundi portera plainte au regard des violences perpétrées sur les personnes et au vu des dégradations matérielles». Après la reprise de l’assemblée générale, le groupe indique avoir «échangé avec les actionnaires présents, y compris avec les ONG qui ont une approche constructive dans leurs actions ».
Ces derniers jours, Amundi a été interpellé par plusieurs groupements. Tout d’abord par des salariés d’une vingtaine de grandes entreprises françaises comme Orange ou Ubisoft, pour lesquelles Amundi est le prestataire de gestion de leur épargne salariale. « Malgré plusieurs mois de mobilisation au sein de leurs entreprises et une lettre collective envoyée par 1.200 salariés début avril 2024, alertant sur les investissements faits avec leur épargne salariale au détriment du climat, aucun engagement n’a été pris par Amundi. Cette mobilisation inédite intersyndicale et inter-entreprises appelle le plus grand gestionnaire d’épargne salariale en France, filiale du groupe Crédit Agricole, à ne plus réaliser d’investissement dans des entreprises développant de nouveaux projets d’extraction fossile, sachant que les infrastructures fossiles existantes nous amènent déjà sur une trajectoire de réchauffement supérieure à 1,5°C ; et à sanctionner les stratégies climaticides de trois entreprises européennes au premier plan de l’expansion fossile - TotalEnergies, BP et Shell - en votant contre le renouvellement de leurs administrateurs et leurs plans climat lors de leurs assemblées générales », indique un communiqué envoyé par ce groupement.
Plus de 300 scientifiques, dont des experts mandatés par l’ONU et mobilisés par le collectif Scientifiques en rébellion, ont signé vendredi une tribune dans Le Monde qualifiant de «climaticide» la stratégie de TotalEnergies.
Enfin, en avril, l’ONG Reclaim Finance a publié un rapport selon lequel Amundi et Natixis IM « sont parmi ceux qui sont le plus souvent exposés aux développeurs fossiles» avec «plus de 94% et 78% de leurs fonds d'épargne salariale » respectivement investis dans des entreprises qui développent de nouveaux projets de charbon, pétrole et gaz.
Amundi gérait un peu plus de 2.100 milliards d’euros pour le compte de ses clients particuliers et institutionnels à fin mars.
Cette victoire ouvre la voie à une introduction en Bourse du créateur de ChatGPT alors que le fondateur de SpaceX l'accusait d'avoir dévié de sa mission à but non lucratif originelle.
Tiré par la flambée du cours du pétrole, l’indice CPI a augmenté de 3,8% en avril sur un an. Sur un mois, les prix ont progressé de 0,6% après +0,9% en mars.
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Le président américain a évoqué de «grands progrès» dans les négociations avec l’Iran qui a de son côté indiqué qu’il accepterait un accord de paix s’il est «juste». Le pétrole est tombé sous 104 dollars le baril et les Bourses européennes gagnent plus de 2%.
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