Comment relancer la croissance économique sans alourdir la dette du pays : c’est l’équilibre que doit trouver Sanae Takaichi, fortement soutenue par les électeurs japonais, d’une part, mais aussi très surveillée par les marchés financiers, d’autre part.
Lors des élections législatives, la première ministre du pays a remporté une victoire écrasante qui a profité aux marchés actions mais tend légèrement les rendements souverains de l'île.
A l’issue des législatives anticipées tenues dimanche, le PLD et son partenaire de coalition Ishin sont en passe d’obtenir les deux tiers des sièges de cette assemblée.
Les panélistes interrogés par L'Agefi anticipent que les taux directeurs ne devraient plus trop changer dans les six prochains mois. Le dollar devrait continuer à se déprécier, au moins face au yen.
La Réserve fédérale de New York aurait procédé à des vérifications concernant la parité entre le dollar et la monnaie japonaise ce qui pourrait mener à une intervention des deux pays sur le yen.
La décision de maintenir son taux à 0,75% vendredi 23 janvier, alors que l’inflation devrait continuer à augmenter et que des élections législatives sont prévues en février, manifeste une volonté de prendre le temps de l’évaluation avant un probable relèvement.
Alors que le Forum économique mondial de Davos bat son plein, les marchés de taux sont soumis à rude épreuve. La politique budgétaire au Japon a provoqué un mouvement de vente des emprunts d'Etat japonais et les tensions géopolitiques ont facilité la contagion à tous les marchés obligataires souverains.
L’annonce d’élections anticipées a provoqué une forte baisse du yen, considérée comme un mouvement spéculatif par le gouvernement japonais qui se tient prêt à intervenir. La Banque du Japon maintient son objectif de poursuivre la remontée de ses taux d’intérêt en 2026.
Le groupe automobile nippon accepte de relever de 15% son offre d’achat pour Toyota Industries. L’investisseur activiste avait pris une position dans le capital et critiquait le prix proposé.
Ces dernières semaines, les banques d’investissement ont levé le voile sur leurs prévisions pour l’année qui s'ouvre. Cet exercice traduit plus de certitudes qu’au début de 2025 sur la poursuite de la croissance américaine et sur la reprise ailleurs. Même si certaines remarquent les écarts de trajectoires («forme de K») entre une forte demande liée à l’investissement dans la technologie et une stagnation des autres secteurs, de la consommation et de l’emploi.
L’analyse de l’économie semble devenue de plus en plus compliquée, notamment aux Etats-Unis. Pour les panélistes de L’Agefi comme pour les banquiers centraux, cela ne facilite pas les prévisions sur les taux et les changes.
Avec les annonces sur les droits de douane, l’indépendance de la Fed et les rééquilibrages tactiques des actions US vers les actions euros décotées et portées par le plan allemand, le billet vert s’est effondré entre janvier et mai 2025, pour ne quasiment plus bouger depuis. En dépit de taux directeurs qui devraient converger, les marchés s’interrogent pour 2026. Même le yen pourrait avoir du mal à se reprendre.
L’année 2026 pourrait bien ressembler à 2025, année marquée par la grande divergence de performance entre les taux américains et les taux euros ou japonais. Avec partout une tendance à la pentification et à la hausse des primes de terme.
Le yen a atteint un plus bas historique face au yuan «offshore» (CNH), alimentant les craintes d’inflation importée alors que la Banque du Japon (BoJ) se retrouve coincée entre une hausse des prix plus durable et une croissance molle également pénalisée par sa devise.
La BoJ devrait relever ses taux mais le risque d’un dérapage lié aux stratégies de portage sur le yen est plus limité. En revanche, les investisseurs scrutent l’impact sur la pentification des courbes de taux.
La contraction du PIB nippon s’est aggravée au troisième trimestre en raison de la faiblesse des investissements. Pour les économistes comme pour les marchés, la Banque du Japon (BoJ) devrait quand même remonter ses taux en décembre, en prévision notamment de nouvelles hausses de salaires susceptibles de maintenir l’inflation sous-jacente élevée.
Malgré un flou persistant sur l’économie américaine à cause du manque de données depuis la fin du «shutdown», les panélistes de L’Agefi continuent à suivre les mêmes raisonnements que les marchés concernant l’assouplissement monétaire, qui pourrait s’accélérer à la Fed et être terminé à la BCE. Avec les risques, respectivement à la hausse et à la baisse, de ne pas revenir à 2% d’inflation en 2026.
L’inflation est restée stable à Tokyo, où les analystes attendaient une baisse, et la production industrielle a progressé de manière inattendue. Ces indicateurs soutiennent une probabilité accrue de voir la Banque du Japon (BoJ) décider d’une hausse de taux en janvier, ou même désormais potentiellement dès décembre.