La chute des cours des crypto ne refroidit pas les investisseurs
Entre les 6 et 12 mai, le marché des cryptomonnaies subissait la pire correction de son histoire, perdant près de 600 milliards de dollars de capitalisation. Dans le même temps, la chute de l’UST, le stablecoin de Terra, en moins de 48 heures n’était pas non plus de nature à rassurer les investisseurs sur la crédibilité de l’écosystème. Mais ce contexte économique n’a pas pour autant refroidi la volonté de certains investisseurs de continuer à miser beaucoup d’argent dans le «Web 3», l’internet qui a pour objectif d’être plus décentralisé.
Le 25 mai, StarkWare bouclait une levée de fonds de 100 millions de dollars en Série D, ce qui permet à la société proposant des solutions pour améliorer la «scalabilité» du réseau Ethereum de dépasser les 8 milliards de valorisation et de multiplier sa valeur par quatre en six mois. Dans la foulée, le plus gros véhicule d’investissement crypto dans le domaine du capital-risque était lancé par le fonds américain Andreessen Horowitz, qui annonçait avoir levé 4,5 milliards de dollars pour investir dans les start-up «les plus prometteuses du Web 3».
Pour Julien Maldonato, associé industrie financière chez Deloitte, c’est l’application concrète de stratégies d’investissements décidées dès la mi-2020, avec l’utilisation croissante des stablecoins, ces cryptoactifs adossés à un panier de monnaies stables, tels l’euro ou le dollar. «Les ‘stablecoins’ sont le traits d’union entre le monde de la finance classique et des cryptomonnaies. Ce signal a fini de convaincre les fonds comme A16Z [le numéronyme d’Andreessen Horowitz] qu’il se passait quelque chose.»
L’enjeu pour les investisseurs est de miser sur les bons chevaux le plus tôt possible. «Ces fonds considèrent que l’on est au début d’un changement majeur. Mettre 4 milliards sur la table en vaut la chandelle parce que le potentiel de valorisation est énorme si l’on trouve le prochain Uber ou Amazon du Web 3», explique Julien Maldonato. Les investissements se concentrent aussi sur les entreprises proposant des solutions d’infrastructures financières, comme StarkWare, qui faciliteront l’utilisation des actifs numériques. «Je vois la période que nous vivons un peu comme les années 1990 avec les débuts d’internet, pendant lesquelles les infrastructures étaient en train de se construire, avant l’adoption de masse», conclut-il.
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