Un succès à relativiser pour l’actionnariat salarié
L’Hexagone concentre 37 % des salariés actionnaires en Europe et 30 % de la capitalisation détenue, soit 92.7 milliards d’euros au total.
L’année passée, le nombre d’opérations d’actionnariat salarié dans les entreprises cotées a atteint son plus haut niveau depuis 2006, tout comme le taux de couverture des salariés - 92.6 % d’entre eux étant éligibles à ces opérations. En 2016, 32 entreprises ont réalisé au moins une augmentation de capital ou une cession d’actions réservée aux salariés, pour un montant total de 2.4 milliards d’euros. Cela représente une somme moyenne par salarié souscripteur de 4.922 euros (5.776 euros en 2015). Ils sont 40 % à avoir souscrit à l’issue de l’opération - indépendamment du taux de décote qui s’avère sans réelle incidence sur le taux de souscription. A fin juillet 2017, 19 opérations ont été annoncées, un chiffre en légère baisse par rapport à la même époque en 2016.
D’ailleurs, les performances sont au rendez-vous pour les salariés, puisque 78 % des actionnaires salariés ont enregistré un gain entre 2006 et 2011, contre 68 % des actionnaires traditionnels. Avec une décote et un abondement de 100 % le nombre de salariés gagnants passe à 95 %. L’enquête indique que «pour 100 euros investis, les salariés du SBF 120 ont réalisé un gain moyen compris entre 85 % (sans abondement) et 574 % (avec un abondement de 300 %)».
Parmi les véhicules de placement utilisés, le FCPE classique est plébiscité à 68 %, 19 % des entreprises conjuguent des FCPE classiques et FCPE à effet de levier et 13 % utilisent uniquement des formules à effet de levier.
Le dynamisme de l'épargne collective doit cependant être nuancé, si l’on considère que plusieurs indicateurs sont en recul. Ainsi, le taux de démocratisation de cet actionnariat - c’est-à-dire le pourcentage de salariés actionnaires par rapport au nombre total de salariés - est à son niveau le plus bas depuis 2007 (39 % pour les entreprises du SBF 120 en 2016 contre 42 % en 2007). L'étude révèle également que le nombre d’entreprises proposant un plan d'épargne collectif baisse d’année en année, tout comme la part en capital des salariés. Pour preuve, 76.3 % des sociétés sondées sont dotées d’un tel dispositif en 2016 contre 80 % en 2014. Une diminution qu’Eres attribue en partie à la chute des plans d’attribution gratuite d’actions (3 attributions en 2016 contre 10 en 2012) et au manque de stabilité fiscale.
Quant à l’impact de l’actionnariat salarié sur les indicateurs RH des sociétés du SBF 120, il s’avère que les entreprises avec une forte culture d’actionnariat salarié embauchent moins, cependant les départs volontaires et les licenciement y sont moins nombreux.
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