Pourquoi la pension des retraités est de plus en plus éloignée de leur dernier salaire
A mesure que les années passent, les retraités ressentent une baisse de pouvoir d’achat de plus en plus grande lorsqu’ils prennent leur retraite. Selon les conclusions d’une étude de la Direction de la recherche, des études et de l'évaluation des statistiques (Drees), le taux de remplacement médian du salaire par la retraite pour la génération 1946 s'établit à 75%. Ce qui signifie que la moitié de ces retraités (retraite de base et retraite complémentaire) touchent moins de 75% de leur dernière fiche de paie, et la moitié davantage.
Ce taux est en baisse par rapport aux générations antérieures, hommes et femmes confondus. Les retraités hommes de 1936 touchent 81%, davantage que ceux de 1938, 1940 et 1942 (78%), ceux de 1944 (77%) et donc de la génération 1946 (75%). Chez les femmes, 1938 a vu une légère hausse par rapport à 1936 (78% contre 77%) avant une lente chute (77% pour 1940 et 1942, 76% pour 1944 et 75% pour 1946).
Tableau des taux de remplacement médians
Source : Drees
Ces chiffres masquent toutefois une donnée très importante et soulignée par la Drees : entre la génération de 1936 et celle de 1946, le montant moyen net de la pension de droit direct a augmenté. Il est passé de 1609 à 1672euros.
Cette différence de plus en plus marquée entre le dernier salaire et le montant de la pension s’explique donc en partie par la hausse du niveau de vie des actifs en fin de carrière. Plus le salaire sera élevé, plus la différence de revenus entre activité et retraite sera grande.
La Drees avance d’autres explications à cette baisse du taux de remplacement.«La réforme des retraites de 1993 a accru le nombre d’années retenues pour le calcul du salaire annuel moyen au régime général (de 10ans pour les générations1933 et antérieures, à 25ans à partir de la génération1948)», explique-t-elle. Ce qui a forcément fait baisser le taux puisqu’un salarié est mieux payé dans ses dernières années d’activité.
La baisse du rendement du point dans le régime complémentaire est également responsable de cette diminution du taux, affirme l’organisation. Il est d’ailleurs à craindre que la réforme des régimes de retraite complémentaire (en débat au mois d’octobre) accélère ce phénomène.
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Israël poursuit ses frappes au Liban, qui ont fait au moins 380 morts depuis la trêve
Beyrouth - L’armée israélienne a poursuivi mardi ses frappes au Liban, tuant dans le sud 13 personnes, qui viennent s’ajouter aux 380 morts depuis l’instauration du cessez-le-feu le 17 avril, selon les autorités. Alors que le Liban se prépare à de nouvelles négociations avec Israël jeudi à Washington, le chef du Hezbollah pro-iranien, qui s’y oppose fermement, a affirmé que le désarmement de sa formation ne faisait pas partie des discussions et a promis de transformer «en enfer» la bataille avec l’armée israélienne. Celle-ci a indiqué avoir conduit une opération dans la zone du fleuve Litani et a mené mardi une frappe ayant tué deux secouristes à Nabatiyé (sud), où ils effectuaient une intervention, a annoncé la Défense civile. Le ministère de la Santé a confirmé la mort des deux secouristes qu’il a inclus dans un bilan de 13 morts, dont un soldat et un enfant, dans des frappes israéliennes ayant visé trois localités dans le sud du pays. «Une frappe sur la ville de Nabatiyé a fait cinq (morts) dont deux secouristes de la Défense civile et deux blessés», une autre dans la localité de Jebchit a fait quatre morts «dont un soldat et un ressortissant syrien», et douze blessés, et une troisième à Bint Jbeil a tué «quatre citoyens dont un enfant et une femme», et blessé deux autres, a indiqué le ministère. «Depuis le cessez-le-feu, 380 personnes ont été tuées et 1.122 blessées», a annoncé plus tôt le ministre de la Santé, Rakan Nassereddine, faisant état de 108 personnels de santé et secouristes tués depuis le début de la guerre. Plus de quatre enfants ont été tués ou blessés chaque jour en moyenne durant les 25 premiers jours de la trêve, a indiqué l’ONG Save The Children. Au total, les frappes israéliennes ont tué 2.882 personnes depuis le début de la guerre, dont 200 enfants, selon le ministère de la Santé. D’après le Hezbollah, ce bilan inclut ses membres tués. Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans la guerre régionale en attaquant Israël pour venger la mort du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, tué au premier jour de l’offensive israélo-américaine contre Téhéran, le 28 février. Israël a répondu en menant des frappes massives et une opération terrestre dans le sud. «Nous ne nous rendrons pas» Beyrouth a demandé aux Etats-Unis de faire pression sur leur allié israélien pour qu’il mette fin à ses frappes. Le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des positions militaires israéliennes, y compris en Israël, aux frontières avec le Liban. «Nous ne nous rendrons pas», a affirmé le chef de l’organisation, Naïm Qassem. «Les armes et la résistance ne concernent personne hors du Liban (...) C’est une question libanaise intérieure qui ne fait pas partie des négociations avec l’ennemi», a-t-il ajouté. Dans un communiqué annonçant la reprise des négociations jeudi, le département d’Etat américain avait affirmé que la paix entre le Liban et Israël «dépendait du rétablissement complet de l’autorité de l’Etat libanais (sur son territoire) et du désarmement total du Hezbollah». Washington fait pression pour que les discussions aboutissent à un accord de paix, alors que Beyrouth veut d’abord consolider le cessez-le-feu et obtenir le retrait d’Israël du Liban. Après l’entrée en vigueur de la trêve, l’armée israélienne a établi en territoire libanais une «ligne jaune» à une dizaine de km de la frontière. Elle a indiqué mardi qu’au cours de la semaine écoulée, ses soldats avaient mené une «opération spéciale visant à retirer des infrastructures terroristes dans la zone du Litani». Interrogée par le bureau de l’AFP à Jérusalem, l’armée israélienne a indiqué ne pas pouvoir confirmer si les soldats avaient franchi le fleuve Litani, à une trentaine de km de la frontière, mais a publié des photos montrant des soldats marchant sur un pont le traversant. © Agence France-Presse