Les pistes de réforme de la pension de réversion
Comment réformer le système de la pension de réversion ? Le Cercle des Epargnants s’est penché sur cette question dans son rapport Voyage au coeur de la réversion . Il livre ses cinq pistes de réflexion pour faire mieux fonctionner le système des pensions et réaliser des économies.
> Placer l’ensemble des droits à réversion sous conditions de ressources
Le rapport rappelle qu’actuellement, seuls les régimes de base sont soumis à des conditions de ressources. S’agissant des régimes complémentaires, «ces droits permettent de maintenir le niveau de vie des conjoints survivants quels que soit le niveau des droits propres», détaille le rapport. Si les partenaires sociaux plaçaient sous condition de ressources l’ensemble des droits à réversion, la logique de la redistribution l’emporterait, ajoute le texte.
> Mieux prendre en compte les changements matrimoniaux
Aujourd’hui, «les personnes séparées à la suite d’une union hors mariage n’ont pas droit à la réversion», explique le Cercle des Epargnants. Ce qui pose la question de l’extension de la réversion à d’autres formes d’unions que le mariage. Car la précarité qu’elle sous-tend risque de se développer avec la baisse du nombre d’unions. Par ailleurs, le mariage ne protège pas beaucoup plus, car en cas de divorce l'épouse doit attendre la mort de son conjoint pour toucher une pension.«Certains sont tentés d’instituer, sur le modèle de ce qui se pratique en Europe du Nord, un partage des droits entre conjoints divorcés», explique le rapport.
> Généraliser la proratisation
«Est-il logique qu’une personne ayant vécu quelques années avec son ex-conjoint puisse toucher, en l’absence de remariage de celui-ci, la totalité de la pension de réversion ?», s’interroge le Cercle des Epargnants. Pour régler cette aberration, le rapport préconise d’aligner les règles du régime général sur l’Agirc/Arrco.«Il suffirait d’amender la loi de 1978 afin qu’en cas de remariage de l’ex-époux, la réversion proratisée versée à chaque ex-conjoint soit rapportée à la durée du mariage et de l’assurance», ajoute le texte.
> Mieux gérer les unions hors mariage
Le mariage ne doit plus être la seule condition d’obtention d’une pension de réversion. «Dans le cadre d’un PACS, ce serait le cosignataire du contrat enregistré devant un notaire ou au Tribunal d’instance. En cas d’union libre, il faudrait donc qu’un document puisse être enregistré avec le nom d’un bénéficiaire», propose le rapport.
> La «conjugalisation» des droits à la retraite
Par ce terme, le Cercle de l’Epargne signifie que ce système «vise à rassembler les droits à retraite acquis par les deux conjoints pendant la durée du mariage et à les partager entre eux. Chaque conjoint obtient a priori la moitié des droits acquis par le couple». Ainsi, les inégalités de pensions entre hommes et femmes pourraient être partiellement gommées et le problème des revenus en cas de divorce également.
Plus d'articles du même thème
-
Les entreprises engagent la course contre la montre du refinancement
Les entreprises vont devoir sécuriser leurs liquidités face à une potentielle flambée des taux, prévient le cabinet Redbridge. Et songer à renégocier sans attendre leurs échéances de dette avant la présidentielle. -
Tokio Marine engage 300 millions de dollars dans la dette privée des marchés émergents
Le groupe d'assurance Tokio Marine est l'investisseur d'ancrage d'un nouveau véhicule perpétuel de dette privée destiné aux investisseurs institutionnels. -
La hausse des taux efface la performance positive des dettes émergentes
La fin du troisième trimestre a été clairement négative pour les dettes émergentes qui ont été rattrapées par l’envolée des taux mondiaux. Elles conservent néanmoins leur avance en relatif par rapport aux marchés avancés, les éléments favorables qui ont porté la classe d’actifs restant intacts.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- Le gouvernement veut endiguer la fuite de capitaux vers l’assurance-vie luxembourgeoise
- Le Crédit Agricole d’Ile-de-France se met en quatre pour ses clients patrimoniaux
- La dette française est sous la pression croissante des investisseurs
- L’Autorité des marchés rappelle à l'ordre les acteurs du financement participatif
- Les gestionnaires d'actifs réduisent la voilure sur la dette française
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreCybersécurité, une urgence absolue même pour les PME
Les cyberattaques sont une menace sérieuse pour tous les acteurs économiques, TME, PME et collectivités locales comprises. Le projet de loi sur la résilience et la cybersécurité, issu de la directive européenne NIS2, sera en discussion à l'Assemblée à partir du 7 octobre. -
La météo des tauxElection présidentielle : une campagne sous spread
Les indicateurs réservés aux experts des marchés financiers, tels l'OAT et le spread, sont devenus des outils politiques pour décourager des mouvements sociaux, discréditer des adversaires ou asseoir sa légitimité. Ce qui n'est pas sans risque pour celles et ceux qui les utilisent -
VivierArrêts maladie : les partenaires sociaux priés de trouver un milliard d’euros d’économies
Pour enrayer la hausse du coût des arrêts maladie, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou demande aux organisations syndicales et patronales de faire des propositions d'ici décembre.