La ruée des entreprises retardataires vers la complémentaire santé collective
Après un retard à l’allumage, l’heure est clairement au rattrapage pour les entreprises. Quelques jours après la mise en place de la complémentaire santé collective obligatoire le 1er janvier, les professionnels notent un afflux massif de dossiers de dernière minute à traiter.
Flou autour du nombre d’entreprises équipées
Difficile pour le moment d’identifier clairement le nombre d’entreprises qui ont déjà souscrit un contrat collectif. Les statistiquesdela Mutualité Française réaliséesau Printemps dernier détaillent que mi-2015, 71% des TPE et 85% des PME/ETI/GE déclaraient proposer une couverture santé à leurs salariés. Dans cette étude, la Mutualité Française ajoute que le taux de couverture progresse avec la taille de l’entreprise. De 67% pour les entreprises de 1 à 2 salariés, le taux de couverture grimpe à 86% pour celles de 6 à 9 salariés et à 99% pour les entreprises de 500 salariés et plus.
Les retardataires s’activent
En fin d’année, les mutualistes ont noté un afflux très élevé des demandes de contrats. C’est notamment le cas chez Adrea Mutuelle, qui a vu les demandes des TPE exploser. «Depuis début novembre, on enregistre 1000 nouveaux adhérents par semaine pour un réseau qui représente 60 conseillers. Nous allons donc enregistrer 8.000 dossiers sur les mois de novembre et décembre alors que sur l’ensemble de l’année (de février à fin octobre, nrld) nous avons réalisé 7.000 dossiers», affirme Thierry Lacour, directeur adjoint du marché professionnels indépendants/TPE qui note que les experts comptables ont oeuvré à ce retard«en attendant un report éventuel de la mesure».
Adrea estime que cet afflux de dossiers devrait perdurer jusqu’au 31 janvier étant donné leur nombre. Thierry Lacour note également de nombreux «contacts entrants», c’est à dire des demandes directes des entreprises. Ce qui est plutôt rare, elles sont généralement démarchées par les mutualistes. Le mouvement est par ailleurs amplifié par la mise en conformité avec le contrat responsable, qui entre également en vigueur le 1er janvier.
Les comparateurs en ligne encore très prisés
Chez LeComparateurAssurance.com, la demande ne faiblit pas depuis novembre. Le site a connu une explosion des connexions depuis la fin septembre avec 1.200 profils créés par mois, contre 200 habituellement. «On se maintient à un rythme de croisière depuis», note Christophe Triquet, le directeur général. Il estime qu’«encore beaucoup de sociétés restent encore à équiper début 2016, surtout concernant les TPE».
Quelles conséquences pour les retardataires ?
Vu leur nombre encore très élevé, difficile d’imaginer que les nombreuses entreprises qui n’offriront pas de complémentaire santé à leurs salariés soient redressées par l’Inspecteur du travail dès les premiers jours de janvier. Mais il est permis d’en douter.«Etant donnée la vigueur du gouvernement à faire passer les lois santé, je doute qu’il y aura un délai supplémentaire», explique Christophe Triquet. Selon Thierry Lacour, le risque est surtout Prud’homal. En clair, que le salarié non couvert pour ses frais de santé«se retourne contre son employeur». Mais il affirme qu’il existe une parade avec l’adhésion rétroactive.
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Israël poursuit ses frappes au Liban, qui ont fait au moins 380 morts depuis la trêve
Beyrouth - L’armée israélienne a poursuivi mardi ses frappes au Liban, tuant dans le sud 13 personnes, qui viennent s’ajouter aux 380 morts depuis l’instauration du cessez-le-feu le 17 avril, selon les autorités. Alors que le Liban se prépare à de nouvelles négociations avec Israël jeudi à Washington, le chef du Hezbollah pro-iranien, qui s’y oppose fermement, a affirmé que le désarmement de sa formation ne faisait pas partie des discussions et a promis de transformer «en enfer» la bataille avec l’armée israélienne. Celle-ci a indiqué avoir conduit une opération dans la zone du fleuve Litani et a mené mardi une frappe ayant tué deux secouristes à Nabatiyé (sud), où ils effectuaient une intervention, a annoncé la Défense civile. Le ministère de la Santé a confirmé la mort des deux secouristes qu’il a inclus dans un bilan de 13 morts, dont un soldat et un enfant, dans des frappes israéliennes ayant visé trois localités dans le sud du pays. «Une frappe sur la ville de Nabatiyé a fait cinq (morts) dont deux secouristes de la Défense civile et deux blessés», une autre dans la localité de Jebchit a fait quatre morts «dont un soldat et un ressortissant syrien», et douze blessés, et une troisième à Bint Jbeil a tué «quatre citoyens dont un enfant et une femme», et blessé deux autres, a indiqué le ministère. «Depuis le cessez-le-feu, 380 personnes ont été tuées et 1.122 blessées», a annoncé plus tôt le ministre de la Santé, Rakan Nassereddine, faisant état de 108 personnels de santé et secouristes tués depuis le début de la guerre. Plus de quatre enfants ont été tués ou blessés chaque jour en moyenne durant les 25 premiers jours de la trêve, a indiqué l’ONG Save The Children. Au total, les frappes israéliennes ont tué 2.882 personnes depuis le début de la guerre, dont 200 enfants, selon le ministère de la Santé. D’après le Hezbollah, ce bilan inclut ses membres tués. Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans la guerre régionale en attaquant Israël pour venger la mort du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, tué au premier jour de l’offensive israélo-américaine contre Téhéran, le 28 février. Israël a répondu en menant des frappes massives et une opération terrestre dans le sud. «Nous ne nous rendrons pas» Beyrouth a demandé aux Etats-Unis de faire pression sur leur allié israélien pour qu’il mette fin à ses frappes. Le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des positions militaires israéliennes, y compris en Israël, aux frontières avec le Liban. «Nous ne nous rendrons pas», a affirmé le chef de l’organisation, Naïm Qassem. «Les armes et la résistance ne concernent personne hors du Liban (...) C’est une question libanaise intérieure qui ne fait pas partie des négociations avec l’ennemi», a-t-il ajouté. Dans un communiqué annonçant la reprise des négociations jeudi, le département d’Etat américain avait affirmé que la paix entre le Liban et Israël «dépendait du rétablissement complet de l’autorité de l’Etat libanais (sur son territoire) et du désarmement total du Hezbollah». Washington fait pression pour que les discussions aboutissent à un accord de paix, alors que Beyrouth veut d’abord consolider le cessez-le-feu et obtenir le retrait d’Israël du Liban. Après l’entrée en vigueur de la trêve, l’armée israélienne a établi en territoire libanais une «ligne jaune» à une dizaine de km de la frontière. Elle a indiqué mardi qu’au cours de la semaine écoulée, ses soldats avaient mené une «opération spéciale visant à retirer des infrastructures terroristes dans la zone du Litani». Interrogée par le bureau de l’AFP à Jérusalem, l’armée israélienne a indiqué ne pas pouvoir confirmer si les soldats avaient franchi le fleuve Litani, à une trentaine de km de la frontière, mais a publié des photos montrant des soldats marchant sur un pont le traversant. © Agence France-Presse