La France en tête des Etats les plus à risques en matière de dépendance
La dépendance risque de peser plus qu’on ne le pense sur les finances publiques sans nouvelle réforme. C’est du moins la conclusion que tire le Bloomberg Sunset Index, une enquête réalisée par Bloomberg sur les systèmes de retraites dans 177 pays. La thèse défendue dans cette analyse est simple : les critères utilisés dans le calcul de la dépendance dans le monde font généralement la distinction entre les 65 ans et plus (les retraités donc) et les 15 - 64 ans (donc actifs). Sauf que cette distinction est en réalisé fausse, de nombreuses personnes partant à la retraite bien avant l'âge de 65 ans. Bloomberg rappelle que plus de 60% des hommes et plus de 70% des femmes peuvent en effet partir plus tôt dans les pays étudiés. Résultat : de nombreuses études comparatives mondiales (y compris de la Banque Mondiale et de l’ONU) sont biaisées.
En déterminant un taux de dépendance en fonction de l'âge réel de départ en retraite des actifs de chaque pays, on arrive à de nombreuses surprises. Le Nigeria - où le versement de la pension de retraite peut débuter à 50 ans -, passe ainsi de 19,4 actifs par retraité à 4,8 actifs par retraité. Idem en Chine avec 3,5 actifs/retraité contre 7,3 avec le calcul initial. «Les seniors français, où l'âge de départ en retraite est de 61,6 ans, sont les moins soutenus» avec un ratio problématique de 2,2 actifs/retraité contre 3,2 avec le calcul conventionnel, explique Bloomberg. C’est le niveau le plus faible de l’ensemble des Etats étudiés par l’enquête devant le Japon (2,3), la Russie (2,4) et la Grèce (2,5, voir le graphique).
Le sujet de la retraite est l’un des enjeux essentiels de la campagne présidentielle. François Fillon propose de repousser l'âge de départ légal à 65 ans, Benoit Hamon souhaite maintenir la retraite à 62 ans et Emmanuel Macron propose une retraite "à la carte» suivant le parcours des individus.
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