L’IFI, une aubaine pour les investisseurs !
En chiffres, pas de grand bouleversement
Sur 67 millions d’habitants, seuls 30 millions sont assujettis à l’impôt sur le revenu. Ce dernier est payé à 70 % par seulement 10 % des contribuables les plus aisés et uniquement 2 % d’entre eux en règlent près de 40 %. Sur 330.000 contribuables actuellement soumis à l’ISF, seuls 150.000 resteront assujetties à l’ÍFI. Donc, pas de grands bouleversements à prévoir.
Les 150.000 restant assujettis à l’IFI seront donc taxés de 0,5 à 1,5 % sur leur « fortune immobilière » à partir de 1.300.000 € de valeur nette taxable détenue, sur la base de l’ancien barème de l’ISF, qui restera inchangé. Qui plus est, ce plafond est difficilement accessible puisque le contribuable bénéficie d’un abattement de 20 % sur chaque logement qu’il loue, de 30 % sur sa résidence principale - sachant que la valeur moyenne de la résidence principale en France est de l’ordre de 200.000 euros.S’il est franchi, un contribuable dont la fortune immobilière est estimée à 1.400.000 € sera imposée à hauteur de 0,7 % sur les 100.000 € de dépassement du seuil. Il devra donc s’acquitter d’une somme de 700 € ! Autant dire, une goutte d’eau qui ne freinera pas les velléités des investisseurs.
A ceux-là, il convient d’ajouter également les 30 millions de contribuables soumis à l’impôt sur le revenu, cités plus haut, qui auront toujours besoin d’investir dans l’immobilier défiscalisant (Loi Pinel, Malraux ou encore Monuments historiques…).
Les dispositifs de défiscalisation immobilière profitent aussi à l’économie réelle
Rappelons aussi que le secteur immobilier embauche près de 8% des actifs Français et représente à lui seul environ 18% de la valeur ajoutée de l’économie française… N’oublions pas non plus que le logement locatif est principalement financé par le secteur privé… Alors, démobiliser l’investisseur immobilier serait très certainement contreproductif pour notre économie. Le fait que l’IFI ne touche que très peu de contribuables est donc une bonne nouvelle pour l’écosystème immobilier.
Penser aussi que les propriétaires vont se démunir demain de leur immobilier, sous prétexte qu’ils continueront de payer un peu d’IFI, semble peu envisageable et pas seulement en raison des taux d’imposition. En effet, ils risquent aussi d’être soumis à un impôt sur la plus-value latente peut-être plus important que l’IFI lui-même. A cela, il faut aussi prendre en compte la typologie des investisseurs « immobiliers » assez différente de celle des « financiers ».
Des investisseurs aux objectifs très différents
Les « financiers », profils plus à risques, visent les plus-values à court et moyen terme avec des fonds immédiatement disponibles, tandis que les « immobiliers », profils plus sécuritaires, utilisent le levier crédit pour organiser leur retraite et prévoir leur succession.
Les investisseurs privilégiant un rendement plus sécurisé sur le long terme continueront donc à favoriser la pierre qui restera, à n’en point douter, le placement préféré des Français a contrario de l’actionnariat financier. Une récente simulationfait d’ailleurs toujours apparaitre l’immobilier comme un support systématiquement gagnant sur une quinzaine d’année avec un capital doublé à terme par rapport à un placement financier équivalent.
Conclusion
Compte tenu des profils et des envies des Français d’investir dans la pierre, ce n’est pas en tentant d’orienter le contribuable vers des placements plus financiers que le monde de l’investissement va en être bouleversé. Ce n’est certainement pas non plus l’IFI qui entrainera une baisse d’intérêt pour la « pierre » au profit des « actions et/ou du financier ».
En effet, l’immobilier locatif pourra toujours permettre à l’investisseur de « couvrir » son IFI grâce aux importantes réductions d’impôt dont il peut bénéficier par le biais d’opérations de défiscalisations immobilières.
Bref, sous le soleil rien de nouveau !
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