L’emploi dans le secteur bancaire souffre de la numérisation
Par l’Agefi Quotidien, le 7/07/2015
Le secteur bancaire connaît une baisse tendancielle des effectifs. Pour la troisième année consécutive, le secteur a détruit de l’emploi en France en 2014, avec un recul de 0,9%des effectifs, soit plus de 3.000 emplois supprimés.«Il y a une modification des usages des clients»,explique Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la Fédération bancaire française (FBF), qui présentait hier les chiffres de l’emploi 2014. La fréquentation des agences a baissé de 5% l’année passée, tandis que la banque à distance continue de croître.«21% des clients fréquentent plusieurs foispar mois leur agence aujourd’hui contre 52% en 2010»,d’après l’Observatoire de l’image des banques, précise la FBF dans son communiqué.
La banque demeure toutefois l’un des gros recruteurs en France, avec 35.000 embauches l’an passé, contre 31.000 en 2013. La part des 30-44 ans a sensiblement augmenté dans les embauches, une évolution liée au dynamisme des métiers de l’audit et de la conformité au sein de groupes bancaires qui font face à un environnement réglementaire changeant. L’incertitude liée aux réglementations, tant en France qu’au niveau européen et international, est un leitmotiv pour la FBF, qui souligne la hausse de 32% encinq ans des fonds propres cumulés des grands groupes bancaires.«La rentabilité du secteur bancaire françaiss'établit à 4,5% en 2014, quand les banques américaines atteignent 6,8%»,insiste Marie-Anne Barbat-Layani, qui reconnaît le rôle joué cette année par l’amende record infligée à BNP Paribas aux Etats-Unis.
Pour faire face au défi de la numérisation, les banques embauchent fortement dans l’informatique et dans le conseil client à forte valeur ajoutée (conseillers patrimoniaux, spécialisés pour les entreprises), mais n’oublient pas les salariés actuellement en poste. L'équivalent de 3,5% de la masse salariale est investi dans la formation continue, et l’accord formation signé avec les partenaires sociaux en février dernier prévoit le développement d’un«socle commun de connaissances numériques».Sans attendre de voir leurs marges réduites par la concurrence du numérique, les banques françaises préparent déjà la suite: investissements, partenariats ou incubateurs, toutes sont impliquées auprès des FinTechs qui veulent bousculer le secteur.
Plus d'articles du même thème
-
Le gouvernement s’attaque aux avoirs en déshérence
Un prélèvement de 17 % sera appliqué de manière réversible sur les fonds en déshérence récupérés par la Caisse des dépôts et des consignations, qu’ils soient placés en assurance vie ou sur les comptes bancaires. -
Le gouvernement veut endiguer la fuite de capitaux vers l’assurance-vie luxembourgeoise
L’exécutif abat la carte fiscale pour tenter de dissuader les épargnants de verser les encours sur des contrats luxembourgeois. -
La start-up allemande de robotique RobCo rejoint le club des licornes
La société basée à Munich a atteint une valorisation d’un milliard de dollars suite à une vente secondaire d'actions de la part de ses employés. Elle a doublé sa valorisation en neuf mois.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- La France met le prix pour placer sa dette
- Le Crédit Agricole d’Ile-de-France se met en quatre pour ses clients patrimoniaux
- La dette française est sous la pression croissante des investisseurs
- A Patrimonia, l’opportunisme prime sur les inquiétudes
- L’Autorité des marchés rappelle à l'ordre les acteurs du financement participatif
Contenu de nos partenaires
-
Fin de bailCe que le pari de Pedro Sanchez peut changer en Europe
Le Premier ministre espagnol a convoqué lundi des élections législatives anticipées, programmées le 29 novembre. Les socialistes au pouvoir ne partent pas favoris -
« Soyons précis » : le gouvernement se met au fact-checking sur X et cible le Medef
Le gouvernement veut répondre sur X « aux informations fausses ou trompeuses » qui portent sur son action. Sa première réplique vise les calculs du Medef, qui se défend de toute erreur factuelle. -
TVA, cinéma, sport: le coup de pression à 200 millions de Canal+ sur l'Etat
Dans le projet de finances pour 2027, le gouvernement propose d’augmenter de 10 points la TVA sur les abonnements pour les chaines de télévisions payantes, ce qui couterait 200 millions d’euros au groupe Canal, selon son président