Bulles et bile
Enfin l’été ! Enfin plus de trois jours consécutifs de soleil et de chaleur sur tout l’Hexagone. Mais, pardon de plomber l’ambiance, encore un été! Encore un été au cours duquel des germes meurtriers pour les marchés ont fait leur apparition. Les souches ne manquent pas. A commencer par celles nées de l’incertitude dont ont horreur les places financières. N’ayant pas goûté la tentation d’une île formalisée par le vote de nos voisins britanniques le 23 juin, plusieurs classes d’actifs sont désormais sous pression. Dont l’immobilier. Loin du cocktail détonnant de 2007, à base de biens résidentiels aux Etats-Unis et de crise mondiale, il est question aujourd’hui d’immobilier commercial. En Europe de surcroît. Au Royaume-Uni, la liquidité des fonds investis dans ces actifs inquiète. L’inadéquation en la matière entre l’actif et le passif est apparue criante et a contraint des sociétés de gestion à suspendre les rachats des investisseurs particuliers –ce qui en dit long sur leurs craintes de subir des mouvements de panique. En Europe continentale, en France plus précisément, il existe bien des règles de gestion de la liquidité sur des produits de cette nature visant à protéger les investisseurs particuliers. Mais si l’on consulte la carte des risques de l’AMF pour 2016, et si l’on tend l’oreille en direction de la Banque centrale européenne ou du Haut comité de stabilité financière, de nettes survalorisations sont clairement évoquées...
Cela étant, les autorités de tutelle européennes n’ont pas pour habitude de faire de pause. Même estivale. Désormais, cette question de liquidité va les occuper. Dans les faits, le régulateur britannique est d’ores et déjà monté au créneau en rappelant les obligations des gérants de fonds envers les investisseurs. Même à un prix décoté, la sortie doit être un principe de base. En France, on joue une partition différente. On a élargi le sujet et les politiques s’en sont emparés. Dans le cadre de la loi Sapin 2, le Sénat a ainsi voté une disposition qui doit permettre aux gestionnaires de plafonner les rachats pour tous les types de fonds en cas de circonstances exceptionnelles. Ce qui n’empêchera pas l’AMF de veiller à ce que les décisions des gérants soient prises dans l’intérêt de l’ensemble des porteurs.
Les régulateurs n’aiment donc pas les étés meurtriers. Quitte à se montrer plus présents cela ne fait aucun doute. Alors, en attendant une rentrée qui s’annonce sur les chapeaux de roues, comme toutes les rentrées finalement, le temps de se ressourcer est désormais venu. Toute l’équipe de L’Agefi Actifs vous souhaite ainsi d’excellentes vacances. Loin des préoccupations des marchés financiers et de la formation de bulles. Tellement plus agréables à coincer qu’à voir éclater…
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