Une fiscalité des transmissions impopulaire, quel que soit le niveau de revenus
La transmission du patrimoine est un sujet qui va prendre de l’ampleur dans les prochaines décennies, notamment en raison du vieillissement de la population française. «Ce contexte fait de la fiscalité des successions et des donations un enjeu majeur pour la société française et rend nécessaire une bonne compréhension des préférences des ménages en la matière», relève France Stratégie, une institution rattachée au Premier ministre. France Stratégie a confié au Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) une enquête sur la connaissance et les opinions des Français sur la transmission du patrimoine et sa taxation.
D’après cette enquête, la taxation des héritages et des donations apparaît particulièrement impopulaire, plus encore que celle sur les plus-values immobilières ou les placements financiers. En revanche, les personnes interrogées expriment une certaine adhésion à la logique même de la fiscalité des transmissions, avec son barème établi du point de vue du donateur, et qui varie selon le lien de parenté avec le donataire. Et leur appétence pour faire évoluer les modalités actuellement en vigueur apparaît modérée.
Par ailleurs, une majorité des Français souhaite une fiscalité moins élevée pour les héritiers les plus jeunes, mais plus élevée pour les transmissions aux associations ou œuvres d’utilité publique, alors qu’elles sont exonérées d’impôt aujourd’hui.
L’enquête relève également que «40 % des Français, soit un soutien non négligeable même s’il reste minoritaire, sont favorables à la prise en compte de l’ensemble des sommes déjà perçues par donation ou héritage pour déterminer la taxation à appliquer lors d’une nouvelle réception de patrimoine (ce qui permettrait une plus grande équité par rapport au système actuel). Les diplômés de l’enseignement supérieur sont relativement plus favorables à cette option que le reste de la population».
Une majorité de personnes interrogées considère que le taux d’imposition effectif moyen sur les actifs transmis en ligne directe (par exemple aux enfants et aux petits-enfants) est supérieur à 10 % alors qu’il s’élevait à 3 % en 2016 (et à 5 % pour l’ensemble des actifs transmis). La fiscalité des transmissions est donc largement méconnue et surestimée. Pour autant, lorsque les personnes interrogées la connaissent mieux, cela ne la rend pas plus populaire auprès d’elles.
Enfin, si les Français ont du mal à apprécier le taux d’imposition effectif moyen sur les actifs transmis en ligne directe. Et lorsqu’ils connaissent mieux ce taux effectif moyen, cela ne rend pas cette fiscalité plus populaire auprès d’eux.
Lire ici la note de synthèse « Fiscalité des héritages: impopulaire mais surestimée».
Lire ici La fiscalité des héritages : connaissances et opinions des Français.
Plus d'articles du même thème
-
Les notaires minorent les 9.000 milliards d'euros de la grande transmission
La distinction entre flux successoral et patrimoine taxable au moment du décès ainsi que les coûts des soins liés à la vieillesse et à la dépendance sont autant de facteurs qui relativisent les encours de la grande transmission, selon une étude du Conseil supérieur du notariat. -
Les socialistes plaident pour une contribution sociale généralisée sur les héritages « très élevés»
Cette taxe, qui sera soutenue par les élus de gauche lors des prochains débats budgétaires, viendrait s’ajouter au barème progressif des droits de succession en vigueur. -
Les notaires esquissent un nouveau cadre fiscal pour les successions et donations
À quelques mois des échéances électorales, les notaires mettent la fiscalité patrimoniale sur la table avec 21 propositions, dont une baisse des droits de donation.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Apport-cession : arrêtons l’hypocrisie d’une mesure anti-abus
- Dette immobilière, le plus difficile reste à venir
- La BCE s’achemine vers une hausse de taux en décembre
- Benoît Jauvert et David Kalfon (Flornoy Ferri et Sanso Longchamp AM) : «La combinaison de nos offres va donner naissance à une proposition de valeur plus globale»
- Astoria continue d'élargir son maillage national
Contenu de nos partenaires
-
Iran : en cas de nouveau bombardement, Mojtaba Khamenei menace les Etats-Unis d’une « riposte sans limite géographique »
Les déclarations de Mojtaba Khamenei, le Guide suprême iranien, ont eu lieu samedi 31 octobre, alors que des efforts diplomatiques sont en cours pour tenter d’éviter la reprise des hostilités avec les Etats-Unis. Une délégation qatarie a ainsi rejoint Téhéran vendredi -
Mobilisation du 31 octobre : les défilés sont globalement calmes dans les grandes villes, la situation se tend à Marseille
Près de 150 défilés sont prévus en France pour la défense du pouvoir d’achat. Des manifestations ont lieu à Paris, Lyon, Marseille, Nice, Nantes, Guéret, Pau, etc. Les autorités ont mobilisé 70 000 policiers et gendarmes pour assurer l’ordre public -
Brésil : Flavio Bolsonaro affirme avoir quitté son pays afin de fuir une « persécution »
Après sa défaite à l'élection présidentielle brésilienne, Flavio Bolsonaro a légitimé sa fuite du Brésil. « La persécution a commencé même plus tôt que je ne l’imaginais », a assuré le sénateur lors d’un direct sur Instagram