Pas de réels changements dans le mode de calcul de l’IFI
Mise à jour le 10/01/2018
Les règles de l’impôt sur la fortune immobilière sont détaillées dans les nouveaux articles 964 à 983 du Code général des impôts (CGI). L’IFI est effectif depuis le 1er janvier 2018.
Actifs imposables
Seront dorénavant soumis à l’impôt sur la fortune :
- Les biens et droits immobiliers détenus directement ou indirectement par le contribuable
- Les parts et actions de société à hauteur de la fraction représentative de biens ou droits immobiliers – sont exclus toutefois les titres de sociétés ayant une activité professionnelle dont le redevable détient moins de 10 % du capital ou des droits de vote
- La valeur de rachat des contrats d’assurance vie à hauteur de la fraction de leur valeur représentative d’actifs et droits immobiliers – c’est-à-dire les parts de SCPI et OPCVI
L’abattement de 30 % sur la résidence principale est conservé
Pour rappel, le prêt ayant servi à l’acquisition du bien n’est déductible qu'à hauteur de 70 % du capital restant dû au 1er janvier de l’année, selon le principe d’affectation qui ne permet de déduire que les dettes afférentes à des actifs imposables. Cette règle était déjà applicable au titre de l’ISF.
Exonération des actifs immobiliers professionnels
L’exonération des biens professionnels est maintenue. Sont exclus du patrimoine imposable :
- Les biens et droits immobiliers nécessaires à l’activité principale du contribuable.
- Les parts ou actions de sociétés de personnes représentatives de biens immobiliers exonérés, dans laquelle le contribuable exerce son activité professionnelle
- Les titres de sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés représentatifs de biens immobiliers exonérés. Etant précisé que les conditions d’exonération relatives à la nature des fonctions exercées dans la société et au seuil de détention restent inchangées
- Les immeubles affectés à l’exploitation de la société qui les détient ou d’une filiale du groupe dans laquelle le redevable détient des titres.
- Les locaux affectés à une activité de loueur meublé professionnel – les critères d’appréciation du caractère professionnel de la location restent inchangés
Autres exonérations
- Les bois et forêts à hauteur de 75 %
- Les groupements fonciers agricoles pour les trois-quarts de leur valeur
- Les biens ruraux donnés à bail à long terme
Dettes déductibles
Comme précédemment sont déductibles les dettes existantes au 1er janvier de l’année d’imposition dès lors qu’elles se rapportent à un actif imposable.
Pour les actifs partiellement imposés à l’IFI, la règle du prorata s’applique. Le passif est réduit à proportion de la fraction de valeur imposable.
Sont déductibles :
- les dépenses d’acquisition, y compris celles liées à l’acquisition des parts ou actions immobilières
- les dépenses de réparation et d’entretien
- les dépenses d’amélioration, de construction, de reconstruction ou d’agrandissement
- les impositions dues sur ces propriétés, notamment la taxe foncière
,
Dettes non-déductibles
- dettes fiscales : le texte précise expressément que les impôts relatifs aux revenus générés par les biens – c’est-à-dire les revenus fonciers et les BIC – ainsi que les prélèvements sociaux afférents ne sont pas déductibles.
- prêts in fine : ils ne peuvent plus être déduits en totalité - le contribuable doit déterminer fictivement l’amortissement qui aurait été pratiqué et les annuités théoriques qui auraient été payées sur un prêt amortissable et déduire au passif le montant supposé dû au 1er janvier de chaque année.
- prêts familiaux : ceux accordés par le redevable (ou son groupe familial) aux sociétés dont il est associé et ceux octroyés au contribuable par une société qu’il contrôle ne sont en principe pas déductibles
- patrimoine de plus de cinq millions d’euros : lorsque les dettes dépassent 60 % de la valeur du patrimoine, la quote-part de dette excédant 60 % n’est alors déductible qu’à hauteur de 50 %.
Clauses de sauvegarde :
Un tempérament est apporté aux trois derniers cas, puisque le redevable qui prouve le caractère normal de l’emprunt, dont son remboursement effectif, est autorisé à déduire les sommes correspondantes.
Seuil de déclenchement
Le seuil est toujours de 1.300.000 euros avec une première tranche imposable à partir de à 800.000 euros comme actuellement.
Le barème n’est pas modifié.
Plus d'articles du même thème
-
Les socialistes plaident pour une contribution sociale généralisée sur les héritages « très élevés»
Cette taxe, qui sera soutenue par les élus de gauche lors des prochains débats budgétaires, viendrait s’ajouter au barème progressif des droits de succession en vigueur. -
Le gouvernement mise sur la régularisation fiscale pour accroître les recettes
Après une première expérience sous François Hollande, le gouvernement envisage de renouer avec le dispositif de régularisation des contribuables repentis. -
Matignon veut accélérer les transmissions familiales de patrimoine
Une note « Transmissions 2027 » prévoit plusieurs mesures pour favoriser une circulation plus rapide du patrimoine entre générations.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Les particuliers français propulsent la collecte des ETF européens vers un nouveau record
- La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
- Deux anciens CGP lancent un outil d’analyse des SCPI pour les conseillers
- La Société Générale mise sur une meilleure éducation financière des femmes
- Les banques saluent les pistes de la Commission pour simplifier les règles européennes
- Les particuliers français propulsent la collecte des ETF européens vers un nouveau record
Contenu de nos partenaires
-
Choix publicsL’impôt n’est pas un projet de société : la preuve par 5
La redistribution ne produit pas la mobilité ; au contraire, elle a figé les hiérarchies : la France est égalitaire, mais injuste -
France Inter : Charles Sapin renonce à y intervenir à la suite de la suppression de son édito par la direction
Directeur adjoint de la rédaction de « Valeurs actuelles », Charles Sapin a indiqué qu’une séquence de débat était envisagé suite à la suppression de son édito sur France Inter, sous pression des grévistes et syndicalistes. Il a refusé l’offre -
Arabie saoudite : des flammes et de la fumée noire visibles près de l'aéroport de Riyad
Des flammes et de la fumée noire s’élevaient dans les environs de l’aéroport international de Riyad, samedi 19 septembre. D’après Flightradar24, de nombreux vols sont annulés ou retardés. Deux fortes explosions ont eu lieu dans la nuit, après une alerte des autorités prévenant d’une « menace aérienne hostile »