Le PLF pour 2020 confirme la politique de l’offre du gouvernement
« Depuis le début du quinquennat, nous avons engagé une politique de l’offre » a déclaré Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances devant la presse, jeudi 26 septembre 2019, à la veille de la présentation du projet de loi de Finances pour 2020 devant le Conseil des ministres. Ce texte poursuivra « une constance en matière de politique fiscale et budgétaire », mais apportera aussi « des réponses à la crise sociale que la France a traversée et au ralentissement marqué de la croissance », souligne-t-il, en rappelant que la croissance mondiale est passée de +3,8% en 2017 à un peu plus de +3% cette année.
, Le ministre décrit des incertitudes conjoncturelles, marquées par les tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis, celles au Moyen Orient qui peuvent affecter le cours du pétrole, ou « la probabilité d’un Brexit dur », ainsi «qu’une nouvelle donne économique», portées par une croissance, une inflation, et des taux d’intérêt faibles (voire négatifs). « Nous n’avons jamais connu de situation économique semblable », précise-t-il. Dans ce contexte, « la politique monétaire est nécessaire mais n’est plus suffisante, une politique volontariste doit être menée, l’investissement est la seule réponse efficace ».
, Pour faire augmenter les investissements, le gouvernement prévoit une baisse d’un milliard d’euros d’impôts pour les entreprises. L’intégralité des allégements de charges, quel que soit le salaire, sera maintenue. La baisse de l’impôt sur les sociétés se poursuivra pour atteindre 25% en 2022 pour toutes les entreprises. Au total, les impôts auront baissé de 40 milliards d’euros depuis le début du quinquennat, soit 13 milliards d’euros pour les entreprises et 27 milliards pour les particuliers.
, Comme annoncé par le président de la République, le projet de loi de Finances pour 2020 prévoit une baisse de 5 milliards de l’impôt sur le revenu (IR). La première tranche imposable sera abaissée de 14 % à 11 %, et le reste du barème sera ajusté afin de concentrer les gains de cette mesure sur les redevables de l’IR les plus modestes. Selon le gouvernement, 16,9 millions de foyers fiscaux connaîtront une diminution de leur impôt sur le revenu pour un montant de gain moyen d’environ 300 euros.
, Par ailleurs, dans la lignée de la loi de Finances pour 2018, le projet de loi de Finances pour 2020 prévoit la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des foyers fiscaux, après avoir été allégée de 30 % en 2018, puis de 65 % en 2019. Pour les 20 % des ménages restants, l’allègement sera de 30 % en 2021, puis de 65 % en 2022. En 2023, plus aucun foyer ne paiera de taxe d’habitation sur sa résidence principale.
Si Bruno Le Maire a annoncé la réduction de niches fiscales (gazole non routier, mécénat d’entreprise, déduction forfaitaire spécifique), elles ne concernent donc pas directement pour l’instant les finances des particuliers. A voir ce qui sera discuté en séance publique au Parlement.
, Au total, ce texte a pour objectif de parvenir à un objectif de déficit public de 2,2% en 2020 (taux le plus bas depuis 20 ans selon Bruno Le Maire), et à une dette stabilisée à 98,7% du PIB. La croissance demeurerait robuste en 2020 à +1,3%.
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