« Je crois au succès commercial de l’Eurocroissance mais je suis plus réservée quant à celui du Vie génération »
Sonia Fendler, vous émettez des doutes quant au succès des contrats d’assurance vie « Vie Génération ». Quelle en est la raison ?
Ce contrat peut avoir un sens pour une clientèle très aisée, maintenant Generali n’a pas eu à ce jour de demandes de la part de nos distributeurs. La contrainte d’être investi 100% en unités de compte semble être un frein.
Pour bénéficier de l’avantage fiscal qui est associé à ces produits, soit un abattement spécifique de 20 % avant celui de 152.000 euros pour l’application de la taxe sur les capitaux décès, les investisseurs sont tenus au respect de quotas d’investissements en titres de PME, de logements et d’actifs émanant de « l'économie sociale et solidaire ».
Plus précisément, les sommes en jeu doivent être investies au moins à hauteur de 33 % dans des titres contribuant au financement du logement social ou intermédiaire, ou des titres d’organismes de placement collectifs constitués par des parts de fonds communs de placement à risque ou de fonds professionnels de capital-investissement. Cela peut avoir un sens notamment citoyen mais je crains que l’offre soit restreinte et en volume faible.
Selon vous, la date de transfert joue également en la défaveur du Vie génération.
En effet, elle est limitée dans le temps aux sommes transférées à partir du 1er janvier 2014 et aux contrats souscrits avant cette date et ayant subi une transformation entre le 1er janvier 2014 et le 1er janvier 2016.
En revanche vous pariez sur le succès du contrat d’assurance vie Eurocroissance, dont vous vous apprêtez d’ailleurs à lancer la commercialisation?
Je crois que cette solution vaêtre pertinentepour une bonne partie des clients Generali – soit 41 % des assurés – qui demeurent investis à 100 % sur des actifs en euros. Pour eux, ce nouveau fonds fait véritablement sens.
L’intérêt sera de leur proposer des supports dotés d’un horizon de placement de 10 à 15 ans et d’une garantie au termesi possibleinférieure à 100 %. Ce type de fonds avec une garantie au terme inférieure au capital versé permet en effet de libérer le plus de capitaux possible pour aller chercher du rendement.
Quel sera le réseau prioritaire ?
Nous allons commencer avec les conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI) et les banques privées avant de recourir aux réseaux salariés tout simplement pour des raisons liées à notre système informatique.
Nous allons aider ces forces commerciales en identifiant les clients qui peuvent être concernés par le support.
Nous sommes confiants dans la mesure où les CGPI sont friands des solutions de diversification type fonds euros dynamiques qui se rapprochent en grande partie des Eurocroissance. Ces nouveaux contrats ont le potentiel pour enregistrer des milliards en collecte.
L’absence de rétrocessions des commissions aux CGPI prévu par l’article R.134-11-II du Code des assurances ne sera-t-elle pas un frein ?
Il est vrai que les rétrocessions des OPCVM sont acquises à l’Eurocroissance. En conséquence, notre positionnement sera de commercialiser ce produit moyennant des frais de gestion plus élevés. Notre distributeur sera mieux commissionné.
La taxe de 0,32 % qui pèse sur les assureurs n’est-elle pas un handicap supplémentaire ?
Cette taxe n’est qu’une forme d’avance sur les prélèvements sociaux prélevés au terme.
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