Lise signe la première IPO tokenisée au monde
Le pari est réussi. Lorsque Lise (Lightning Stock Exchange) a reçu le premier agrément délivré par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) dans le cadre du régime pilote pour opérer un système de négociation et de règlement sur la technologie DLT, elle visait le premier trimestre 2026 pour sa première cotation boursière.
« Nous sommes pile dans les clous », se félicite Mark Kepeneghian, co-fondateur et directeur général de Lise, l’ex-Kriptown. La Bourse annonce la toute première cotation boursière entièrement on-chain : celle-ci aura lieu le 9 avril prochain.
Coûts de cotation réduits
ST Group, une PME industrielle spécialisée dans la conception et la fabrication de pièces pour l’aéronautique, la défense et le spatial, est le premier acteur à se lancer. Son IPO vise à soutenir son accélération industrielle : l’entreprise a un potentiel d’activité d’environ 59 millions d’euros sur dix ans et « met en œuvre un changement d'échelle industrielle », selon le communiqué de l’entreprise.
« Aujourd’hui les fenêtres des IPO sont assez courtes, les particuliers n’ont pas le temps d’accéder aux actions. Nous avons choisi le délai maximal pour l’IPO de ST Group, qui devrait durer dix à quinze jours », précise Mark Kepeneghian. Lise porte l’ambition de réengager l'épargne des Français dans l'économie réelle.
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La première Bourse on-chain a toujours eu pour cible les PME et les ETI de la défense souhaitant lever jusqu'à 12 millions d’euros. « Quand nous approchons une PME, nous ne parlons jamais de tokenisation. Le sujet n’est pas là : en réalité il s’agit de répondre aux besoins de financement des PME et des ETI », détaille Mark Kepeneghian.
Avec un atout à mettre en avant : des frais de cotation réduits. Les frais fixes pour se coter en Bourse pour une PME sont de l’ordre de 300.000 à 400.000 euros sur une bourse traditionnelle, en comptant l’ensemble des intermédiaires, une charge qui représente un coût total d’opération autour de 11 à 13 % du montant levé en intégrant les frais variables, selon le cofondateur. Avec, en rythme de croisière, quelque 200.000 euros de frais annuels liés à la présence sur le marché.
Lise propose 30.000 euros de frais fixes, soit un coût total de 8 à 9 % du montant levé lors d’une IPO, frais variables inclus, avec des droits de cotation annuels de l’ordre de 30.000 à 40.000 euros.
« Rythme de croisière dans les 16 à 18 mois »
Au-delà des coûts avantageux, il fallait aussi qu’un premier acteur ose se lancer pour accélérer le mouvement. Une poignée de PME sont dans les tuyaux avec des potentielles IPO dans les prochains mois. « Nous devrions atteindre un rythme de croisière dans les 16 à 18 mois, avec deux IPO par mois à partir de ce moment là », prévoit Mark Kepeneghian.
Lise a la chance d'être une fintech qui joue dans la cour des grands, avec des actionnaires comme Caceis (filiale du groupe Crédit Agricole), BNP Paribas et Bpifrance.
Sur la partie technique, Lise prend en charge à la fois l’activité d’une Bourse et l’intégralité du règlement-livraison : elle remplace six intermédiaires dans le processus. Lise assure ainsi un règlement-livraison instantané, 7 jours sur 7 et 24h sur 24. Pour assurer ce règlement-livraison instantané, la fintech s’appuie sur l’infrastructure bancaire et technologique de Memo Bank, un partenariat annoncé en décembre 2025.
Présence sur Bloomberg
Lise a bien préparé sa première IPO. La Bourse a annoncé un partenariat Kaiko cette semaine. La fintech spécialisée dans la fourniture de données du marché des cryptomonnaies permettra à Lise de fournir des données de marché aux normes institutionnelles pour ses actions tokenisées cotées. L’entreprise pourra également bénéficier du partenariat entre Kaiko et Bloomberg, où les actions de ST Group seront visibles.
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Autre actualité cette semaine pour l’entreprise, et pas des moindres : l’approbation par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) pour modifier les règles du système multilatéral de négociation de Lise. En clair, Lise possède désormais le statut Système multilatéral de négociation organisé (SMNO).
Ce statut permet à la jeune Bourse de prévoir des procédures d’offre publique obligatoire (OPA). « C'était un prérequis pour proposer un marché fiable avec une véritable protection des actionnaires minoritaires », estime Mark Kepeneghian.
L’Europe en wagon de tête sur la tokenisation
Pour l’instant, la réglementation du régime pilote en Europe possède plusieurs seuils : l'émetteur des titres doit notamment présenter une capitalisation boursière inférieure à 500 millions d’euros. Son adoption a été limitée.
Quelques acteurs ont reçu l’agrément : 360X et 21X en Allemagne, le Central Securities Depository de Prague en République tchèque et UAB Axiology DLT en Lituanie.
« En Europe, nous avons tendance à perdre notre puissance industrielle lors des révolutions technologiques en regardant le train passer. Sur la tokenisation, nous avons la possibilité d'être encore dans le wagon de tête », se félicite Mark Kepeneghian, estimant que les annonces sur le NYSE et le Nasdaq sont pour le moment seulement des annonces.
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En ne s’adressant qu’aux PME, Lise n’est pas concernée par ces problématiques de seuil. La fintech ne s’interdit cependant pas de cibler d’autres acteurs lorsque la régulation suivra. « Commencer par les PME dans le cadre du régime pilote était le meilleur cas d’usage », résume Mark Kepeneghian.
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