iBanFirst s’apprête à passer à la vitesse supérieure
iBanFirst nourrit de nouvelles ambitions. La fintech lancée fin 2016 par Pierre-Antoine Dusoulier, l’ancien directeur général de Saxo Bank en France, annoncera «dans les prochains mois» un nouveau tour de table, après les 10 millions d’euros récoltés en 2016 auprès de business angels comme Xaviel Niel, le fondateur d’Iliad. Cette nouvelle levée de fonds verra «probablement» l’entrée de fonds de capital-risque dans l’actionnariat d’iBanFirst, déclare son patron à L’Agefi.
Cette jeune pousse propose un service de paiements internationaux aux PME qui doivent par exemple régler des fournisseurs basés à l’étranger. «Nous permettons aux PME d’ouvrir des comptes en devises étrangères en quelques minutes et gratuitement, alors que ce processus est long et payant dans les banques», explique Pierre-Antoine Dusoulier. «Contrairement aux banques, nous proposons des taux de change en temps réel. Nous prélevons en outre moins de 0,5% sur les volumes de transactions, contre une moyenne de 1,5% au sein du secteur bancaire pour les paiements internationaux», ajoute le dirigeant.
2.000 PME clientes pour un milliard d’euros de paiements en 2017
Des spécificités qui semblent faire leurs preuves : la fintech compte quelque 2.000 PME clientes, comme le français Bensimon ou le belge Optima Networks, spécialisé dans les caméras de surveillance. Les clients d’iBanFirst ont généré plus d’un milliard d’euros de paiements en 2017, un montant que la société projette de doubler en 2018. La fintech, qui n’est pas rentable, ne divulgue pas son chiffre d’affaires actuel, fait uniquement de commissions. Elle indique toutefois qu’il est aujourd’hui 10 fois supérieur à son niveau de la fin 2016, sur une base mensuelle. iBanFirst vise en outre «plus de» 100 millions d’euros de revenus d’ici à cinq ans.
Dans cette perspective, la start-up, qui a pour concurrents les banques mais aussi Western Union Business Solutions et la fintech britannique Ebury, hésite entre deux stratégies. Elle peut élargir son offre, comme elle a commencé à le faire fin 2017 en permettant aux créateurs d’entreprise d’obtenir un certificat de dépôt de capital social en ligne et en quelques jours seulement. iBanFirst peut au contraire se spécialiser encore davantage sur les changes, en proposant par exemple aux PME de financer leurs transactions de commerce international. Mais, dans ce cas, la fintech, qui dispose d’un agrément d’établissement de paiement en Belgique, devrait solliciter en outre un agrément d’établissement de crédit. Ou s’allier à des partenaires agréés.
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Esclavage : Macron soutient l'abrogation du « Code noir » et évoque la question sensible des « réparations »
Paris - Emmanuel Macron a soutenu jeudi l’abrogation symbolique du «Code noir», engagée par le Parlement, et a évoqué longuement sa réflexion «inachevée» sur la question sensible des «réparations» pour l’esclavage, qui à ses yeux passent d’abord par la «reconnaissance» et ne pourront jamais être «totales». Lors d’une réception à l’Elysée pour le 25e anniversaire de la loi reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, le chef de l’Etat a rendu hommage à un texte «nécessaire» et à son auteure, Christiane Taubira. Il a évoqué un autre texte, le «Code noir», nom donné à un ensemble d'édits royaux datant du XVIIe et XVIIIe siècles organisant l’esclavage et jamais formellement abrogés, dont le maintien, quand bien même sans effets juridiques, «est comme devenu une faute», «une forme d’offense», «une trahison de ce qu’est la République». «C’est pourquoi je demande au gouvernement de faire sienne la proposition de loi visant à abroger le Code noir, qui doit être débattue le 28 mai prochain à l’Assemblée nationale», a-t-il lancé au sujet de cette abrogation déjà adoptée mercredi à l’unanimité en commission. Egalement présente, Christiane Taubira a de son côté évoqué la résolution adoptée fin mars par l’Assemblée générale de l’ONU, à l’initiative du Ghana, qui fait de l’esclavage et de la traite des Africains «les plus graves crimes contre l’humanité». La France, avec d’autres pays européens, s'était abstenue, au motif qu’elle ne veut pas de hiérarchie entre les crimes contre l’humanité, une position assumée jeudi par Emmanuel Macron. «Réparation imparfaite» L’ex-ministre de la Justice a, elle, souligné qu’elle avait été adoptée massivement par les pays d’Afrique, d’Amérique latine et des Caraïbes, «qui reconnaissent eux aussi l’inanité de la hiérarchie entre les crimes contre l’humanité». «On ne peut pas ne pas entendre ce qu’il y a derrière, qui est justement une demande de justice, toujours de réparation», a reconnu le chef de l’Etat. Il a annoncé le lancement, avec le Ghana, d’un «travail scientifique international» pour «faire des recommandations très concrètes aux décideurs politiques», sans dire précisément s’il s’agirait de recommandations sur d'éventuelles réparations. Emmanuel Macron a d’ailleurs ajouté que «la réparation», «immense question», ne devait pas être éludée. «Mais c’est une question sur laquelle il ne faut pas non plus faire de fausses promesses», a-t-il prévenu. «Nous devons avoir l’honnêteté de nous dire qu’on ne pourra jamais réparer ce crime totalement, parce que c’est impossible», «vous ne pourrez pas un jour mettre un chiffre, mettre un mot qui viendrait donner un point final à cette histoire». Lui-même a assuré que sa «réflexion» et ses «décisions» sur le sujet étaient «encore inachevées». Il a rappelé avoir lancé il y a un an un travail d’historiens pour évaluer «le prix» de la liberté imposé par la France à Haïti, qui lui sera remis en décembre. «Réparer, c’est d’abord restaurer la juste place» des faits «dans l’histoire de la République», ce qui passe par l'éducation, a-t-il plaidé. «Mais ce n’est pas un geste léger. Et ce parcours de la reconnaissance, nous ne l’avons pas terminé», a-t-il insisté. «Si nous ne reconnaissons pas, aucune chance qu’on puisse bâtir l’avenir», a-t-il ajouté à l'égard de ceux, notamment à droite ou à l’extrême droite, qui critiquent régulièrement les gestes de «repentance». «Il n’y a pas d’identité française, ni dans le déni de ce qui s’est fait (...) ni dans le refus d’avancer sur les reconnaissances ou les réparations», a martelé Emmanuel Macron, avant de poursuivre, à l’endroit aussi de la gauche radicale: «ni dans le repli exclusif sur ces histoires où d’autres voudraient promettre que la réparation possible est intégrale, ou que la vraie lutte est dans un communautarisme contemporain». «C’est pourquoi nous aurons toujours la réparation imparfaite», a-t-il averti. © Agence France-Presse -
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