Vivendi ne peut rester actionnaire dominant sans pouvoir chez Telecom Italia
Faire la loi avec peu de titres dans un groupe au capital éparpillé est un jeu d’enfants pour un fonds activiste chevronné chez Elliott.
Mais réduire à l’impuissance un groupe comme Vivendi en position d’actionnaire dominant est plus rare, et plus humiliant pour la multinationale française.
Battue à deux voix contre une lors d’un conseil d’administration convoqué à la hussarde mardi, dès potron-minet, celle-ci n’a pu que déplorer l’éviction, sans fleurs ni couronnes, du patron opérationnel de l’opérateur historique italien, Amos Genish.
C’était l’homme que Vivendi avait choisi pour redresser le groupe, et qu’Elliott avait laissé en place à la suite du remaniement du conseil, en avril dernier.
Ce faisant, le fonds activiste ne fait que tirer avantage de sa victoire décisive en assemblée générale, en mai dernier, que Vivendi n’a pas tenté de contester en en convoquant une seconde, dans la foulée, comme il en avait le droit. Cette fois, il ne doit pas manquer l’occasion.
Il en a la possibilité en demandant à son tour la révocation du conseil. Il rendrait ainsi la monnaie de sa pièce à Elliott, en reprenant l’initiative stratégique perdue à son grand dam avec le pouvoir de nommer des responsables acquis à ses vues.
L’arithmétique plaide pour lui. Avec 24% du capital contre 9% à son adversaire, Vivendi part avec un avantage important.
Le Français a également de plus solides arguments que naguère : à l’époque, c’était Vivendi qui devait se justifier du mauvais cours de sa participation italienne ; désormais c’est Elliott, et le résultat n’est pas fameux.
Depuis l’assemblée générale de mai, le cours a chuté de 40% alors que l’indice de référence Euro Stoxx Telecom n’a baissé que de 6,5%.
Ensuite, le fait que le marché n’est pas acquis à Elliott, qui réclame la cession de la téléphonie fixe, est encore illustré par sa réaction plutôt négative au limogeage d’Amos Genish.
Encore faut-il que Vivendi ait les idées claires quant à sa future stratégie chez Telecom Italia. Osera-t-il tenter sa chance, alors que le gouvernement regarde le dossier comme le lait sur le feu ?
Rien ne dit que Rome ait changé sa politique de soutien à Elliott depuis le changement de cabinet. Reste que si Vivendi ne réagit pas, son maintien au capital de Telecom Italia aura moins de sens que jamais.
Plus d'articles du même thème
-
Diana Hazvartian (CDC) : "Les taux de défaut sur la dette privée sont historiquement bas en Europe"
Selon la responsable des investissements en dette privée de la Caisse des dépôts, il ne faut pas faire d'amalgame entre les Etats-Unis et l'Europe en matière de dette privée. Néanmoins, il convient de rester vigilant sur cette classe d'actifs dont le marché est en plein essor. -
PARTENARIAT« La volonté de souveraineté des Etats estompe les avantages compétitifs des multinationales »
Interview de Jacques-André Nadal, Directeur général délégué en charge des gestions de Covéa Finance. -
PARTENARIATQuelles perspectives pour un marché de l’épargne en pleine transformation ?
Julien Ducoup, Partner, Responsable du secteur de l’assurance et Nicolas Boulay, Partner, Assurance, au sein de Square Management, évoquent dans cette interview vidéo les thèmes qui seront débattus lors de cet évènement, le jeudi 18 juin prochain, à partir de 17h30 au Shangri-La. -
PARTENARIATRéinventer la contactabilité à l’ère des interactions
L'enjeu n'est plus d'augmenter le volume des interactions, mais d'en améliorer la pertinence et l'efficacité. C'est précisément ce que permet Spacivox. -
Léovic Lecluze (Groupe Matmut) : « On est encore rémunérés pour le risque mais plus pour la prime d'illiquidité »
L’investissement dans la dette privée fait toujours sens, selon la conviction du directeur des investissements du groupe Matmut, mais il convient d’être prudent sur le type de risque pris. -
PARTENARIAT« Coface un dispositif de Back Up Servicing robuste au service de la sécurisation des opérations de titrisation »
Interview vidéo avec Rachid Aoulad Hadj, Directeur des ventes sur les solutions de recouvrement pour l’Europe de l’Ouest, Coface.
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
Contenu de nos partenaires
-
Jouer avec le feuEntre les Etats-Unis et l’Iran, le jeu dangereux de la confrontation sans escalade
Pour chacune des deux parties, l'objectif est de ne pas perdre la face. Et de garder intacts les leviers de négociation toujours en cours -
BagarreLes Vingt-Sept se jettent dans la mêlée budgétaire
Les gouvernements s’apprêtent à ouvrir les négociations pour l’exercice 2028-2034. Le chiffre de départ : près de 2 000 milliards d’euros -
Sky is the limit« L'entrée en Bourse de SpaceX dira si les marchés veulent suivre Elon Musk »
Pour la chercheuse Julia Tréhu, une IPO ratée pourrait raviver la crainte d'une bulle spéculative dans l'IA