Vivendi est désormais totalement à la main de Bolloré
Si la logique qui a prévalu jusqu’ici dans la prise de contrôle de Vivendi par Bolloré prévaut encore, l’homme d’affaires devrait aujourd’hui en AG consolider un peu plus son pouvoir. Car il faudrait pour l’en empêcher qu’une mobilisation exceptionnelle réponde aux sollicitations de quelques sociétés d’activisme actionnarial, et cela paraît bien improbable.
Deux d’entre elles, ISS et Proxinvest, mettent pourtant le doigt sur un vrai sujet : la réduction du poids des administrateurs indépendants au sein du conseil d’administration. Selon elles, la proportion serait réduite à guère plus du tiers du conseil, du fait notamment de l’introduction en son sein de deux salariés, par définition non indépendants. Le groupe lui parle de 50% ; or ce taux était largement majoritaire autrefois.
C’était lorsque Vincent Bolloré était petit actionnaire. Depuis, il a arrondi sa position, jusqu’à détenir 20% du capital et, par le jeu des droits de vote double, 30% des droits de vote. De quoi agir comme bon lui semble au sein du groupe et sur ce terrain, il n’a jamais beaucoup partagé.
Sa mainmise est si achevée qu’il a déjà notifié à Bruxelles son contrôle « exclusif » sur le groupe.
On s’étonne dès lors que nul ne soit troublé par le maintien de la fiction consistant pour ce groupe à conserver une structure de gouvernance duale. Car toutes les décisions notables, y compris en matière de contenus, sont prises et assumées par le seul président du conseil de surveillance.
Il sera donc intéressant de noter comment les recommandations des activistes seront suivies, surtout des investisseurs professionnels. Ils sont nombreux au capital de Vivendi et n’aiment guère, en principe, que contrôle minoritaire puisse rimer avec pouvoir absolu.
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