Vallourec torpillé à la veille de sa recapitalisation
Cette fois, il ne s’agit pas d’un vulgaire activiste comme Muddy Waters dans le cas de Casino.
Hier c’est d’un bureau d’analyse traditionnel que Vallourec a été la victime.
Mais le résultat est le même : le cours a perdu 15%, mettant en danger le plan de recapitalisation du groupe sur le point d’être lancé.
Les analystes de Bernstein ont torpillé la valeur a visant un cours-cible à 2 euros, très en dessous du cours actuel proche de 7 euros, et surtout très inférieur au niveau de 11 euros auquel l’Etat et le japonais Nippon Steel doivent participer à l’augmentation de capital d’un milliard d’euros prévue par le plan annoncé début février.
Les auteurs de l’analyse ne croient pas cette recapitalisation suffisante.
Pour eux, la restructuration envisagée ne produira au mieux que la moitié des 1,4 milliard d’euros d’économies prévue d’ici 2020.
Faute d’une remontée assez rapide des volumes et des prix, le groupe ne sortirait pas des pertes d’exploitation avant 2018 et continuerait à brûler du cash jusqu’en 2020.
Dès lors, sa dette nette devrait croître, rendant critique sa situation financière à cet horizon.
Cette note ne pouvait plus mal tomber. Alors que l’augmentation de capital annoncée n’est pas encore lancée, les vendeurs à découvert vont s’en donner à cœur joie.
Or plus le cours s’affaiblira, plus les investisseurs risquent de boycotter l’opération.
D’autres acteurs du secteur, comme le français CGG et l’italien Saipem, également en quête de fonds propres, viennent de faire la cruelle expérience de ce que signifie l’hostilité des investisseurs.
Pour l’Etat et son partenaire japonais, sans parler de l’entreprise elle-même, la crise financière de Vallourec pourrait se rouvrir sans délai.
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