Une alliance Renault-Nissan de plus en plus nippo-centrée
Le secret de réussir une alliance industrielle, personne ne le connaît mieux que Carlos Ghosn.
D’où l’opportunisme impressionnant avec lequel il a bouclé le rapprochement entre Nissan et Mitsubishi Motors, alors même que ce dernier est plongé en plein scandale du trucage de ses tests d’économie de carburant.
Le risque est grand mais le jeu en vaut la chandelle. D’abord parce que l’ensemble Renault-Nissan-Mitsubishi va frôler les 10 millions de véhicules produits.
Il va donc entrer dans le tout petit club des super-grands de l’auto mondiale où l’on ne trouve guère que Toyota, Volkswagen et General Motors.
Ensuite parce que les synergies commerciale et de coûts prévisibles, au Japon mais aussi dans le monde, devraient relativiser l’impact d’éventuelles mauvaises surprises résultant des enquêtes sur le ruineux scandale en cours.
Enfin, parce que l’entrée de Nissan se fait sur la base d’un cours dévalué de 45% depuis l’éclatement de l’affaire.
Pour Renault, le bilan de l’opération s’annonce aussi positif.
Non seulement parce qu’il en tirera sans doute des avantages industriels par ricochet, mais aussi parce qu’en tant qu’actionnaire de contrôle de Nissan, il bénéficiera d’heureuses retombées financières en cas de succès.
En termes stratégiques en revanche, il est clair que l’alliance franco-japonaise dans l’automobile va pencher encore un peu plus en faveur du camp japonais, notamment par le nombre de véhicules produits.
C’est une réalité qui n’aura pas échappé à Carlos Ghosn qui se trouve, de facto, plus que jamais à l’épicentre du nouvel ensemble.
Elle ne devrait pas non plus échapper au gouvernement français, dans un rapport de forces toujours tendu avec le bouillant PDG.
Plus d'articles du même thème
-
Diana Hazvartian (CDC) : "Les taux de défaut sur la dette privée sont historiquement bas en Europe"
Selon la responsable des investissements en dette privée de la Caisse des dépôts, il ne faut pas faire d'amalgame entre les Etats-Unis et l'Europe en matière de dette privée. Néanmoins, il convient de rester vigilant sur cette classe d'actifs dont le marché est en plein essor. -
PARTENARIAT« La volonté de souveraineté des Etats estompe les avantages compétitifs des multinationales »
Interview de Jacques-André Nadal, Directeur général délégué en charge des gestions de Covéa Finance. -
PARTENARIATQuelles perspectives pour un marché de l’épargne en pleine transformation ?
Julien Ducoup, Partner, Responsable du secteur de l’assurance et Nicolas Boulay, Partner, Assurance, au sein de Square Management, évoquent dans cette interview vidéo les thèmes qui seront débattus lors de cet évènement, le jeudi 18 juin prochain, à partir de 17h30 au Shangri-La. -
PARTENARIATRéinventer la contactabilité à l’ère des interactions
L'enjeu n'est plus d'augmenter le volume des interactions, mais d'en améliorer la pertinence et l'efficacité. C'est précisément ce que permet Spacivox. -
Léovic Lecluze (Groupe Matmut) : « On est encore rémunérés pour le risque mais plus pour la prime d'illiquidité »
L’investissement dans la dette privée fait toujours sens, selon la conviction du directeur des investissements du groupe Matmut, mais il convient d’être prudent sur le type de risque pris. -
PARTENARIAT« Coface un dispositif de Back Up Servicing robuste au service de la sécurisation des opérations de titrisation »
Interview vidéo avec Rachid Aoulad Hadj, Directeur des ventes sur les solutions de recouvrement pour l’Europe de l’Ouest, Coface.
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
Contenu de nos partenaires
-
Onde de chocAffaire Lyhanna : le dilemme d'Emmanuel Macron
Face à la crise provoquée par la mort de la jeune Lyanna, le chef de l'Etat doit trouver la bonne distance et les mots justes pour témoigner de l'empathie sans chercher à instrumentaliser -
« Dans les start-up de défense, le réseau compte autant que la technologie »
Pour l'investisseuse Louise Boucher, avoir le bon produit ne suffit pas. Les jeunes entreprises d'armements doivent rapidement recruter des profils ayant de bonnes connexions chez les décideurs militaires -
Shahed, fais-moi peurGuerre des drones : l'effervescence française
Avec ses start-up Alta Ares et Harmattan AI, la France compte de nombreux atouts dans le secteur des drones. Mais la compétition européenne et la production ukrainienne à grande échelle menacent leur percée sur un marché en mutation rapide