TNT fait fi des bourrasques opérationnelles en confirmant sa scission
TNT est fin prêt, ne manque que le vote des actionnaires. Le groupe postal néerlandais a publié vendredi de nouveaux détails concernant son projet de scission, visant à distinguer formellement des activités de messagerie rapide et de courrier traditionnel qui présentent des «profils stratégiques divergents et de synergies limitées». Elles prendront respectivement les noms de TNT Express et de PostNL. TNT maintient ainsi le cap fixé l’an passé, faisant fi d’un environnement chahuté sur le plan opérationnel.
En effet, si les perspectives pour l’ensemble de l’exercice ont été confirmées côté courrier traditionnel, TNT a révisé ses anticipations côté messagerie express du fait de conditions d’activité «volatiles» au cours du premier trimestre 2011. Le groupe a convenu d’un impact sensible sur son activité des répercussions des troubles géopolitiques actuels, sur fond de hausse des cours pétroliers entraînant un repli des volumes transportés et une sous-utilisation de ses capacités aériennes Alors que l’activité en Europe se situe «à des niveaux satisfaisants», les volumes ont nettement baissé entre le Vieux Continent et l’Asie. Le groupe a qui plus est souffert de pertes de volumes inattendues dues à des soucis d’intégration des activités brésiliennes. TNT a promis de «restaurer la valeur de cet actif stratégique» grâce à la mise en place d’une nouvelle équipe de direction.
Le résultat opérationnel courant de l’activité de messagerie rapide se situe dès lors, au premier trimestre, à 25 millions d’euros en deçà de celui affiché l’an passé. L’«amélioration» des résultats sur l’exercice complet passera notamment par des efforts tarifaires et une contraction des coûts indirects. Le marché a rudement sanctionné vendredi ce manque de visibilité avec une chute de 12,6% de l’action.
Les actionnaires seront appelés à se prononcer le 25 mai sur le projet de scission. Le groupe a également confirmé que PostNL est appelée à conserver «temporairement» (entre six mois et jusqu’en 2015) une «participation financière» de 29,9% au capital de TNT Express. «Clairement déçu» par l’évolution des résultats de TNT Express, Alex Funhoff chez ING estime que la probabilité pour le groupe de faire l’objet d’un rachat augmente. A un prix ajusté à la baisse. Fin 2010, l’analyste valorisait TNT Express à un peu moins de 10 milliards d’euros pour des prédateurs probables tels UPS et FedEx.
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