Thales réalise environ 50% de ses ventes dans le domaine de la défense
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Julien Lutt / CAPA Pictures
Le groupe de technologies et de défense Thales a annoncé mardi s’attendre à une nouvelle croissance de son chiffre d’affaires et de sa marge en 2026, alors que ses résultats ont progressé l’an dernier dans un contexte porteur pour les activités de défense.
«2025 a été une très bonne année», a souligné Patrice Caine, le PDG de Thales, cité dans un communiqué, en faisant état d’une «visibilité unique pour les années à venir».
Le résultat net ajusté, que Thales privilégie pour la présentation de ses résultats, a augmenté de 6% l’année dernière, à 2 milliards d’euros. Le résultat opérationnel (Ebit) ajusté s’inscrit à 2,7 milliards d’euros en 2025, soit une hausse de 14% par rapport à 2024 en données organiques - soit à périmètre et change constants. La marge correspondante a atteint 12,4%, contre 11,8% en 2024.
Le chiffre d’affaires de Thales a atteint 22,1 milliards d’euros, en progression de 8% par rapport à 2024. En organique, la hausse est de 9%.
Dans le segment porteur de la défense, les ventes ont augmenté de 12,2% en organique par rapport à 2024. C’est plus que la hausse de 10,4% attendue par le consensus Visible Alpha, met en exergue Oddo BHF.
«Avec plus de 12 milliards d’euros de chiffre d’affaires, la défense représente désormais le cour du modèle», commente Antoine Fraysse-Soulier, analyste de marché pour eToro. «Thales ne se positionne pas sur les plateformes lourdes mais sur les systèmes critiques: défense aérienne, radars, guerre électronique, cybersécurité», ajoute-t-il.
Par ailleurs, Thales a fait état de prises de commandes de 25,3 milliards d’euros en 2025, stables par rapport à 2024 en données publiées, mais en hausse de 1% en organique. La société a notamment remporté un contrat pour fournir 5.000 missiles de défense aérienne au Royaume-Uni.
De son côté, le free cash-flow opérationnel a atteint 2,6 milliards d’euros l’an dernier, soit un bond de 27% par rapport à 2024.
Globalement, Jefferies juge «solide» la performance de Thales en 2025, tandis qu’Invest Securities évoque une copie de «bonne facture».
Selon un consensus disponible sur le site Internet de Thales, les analystes escomptaient en moyenne pour 2025 des prises de commandes de 25,2 milliards d’euros, un chiffre d’affaires de 21,9 milliards ‘euros, un Ebit ajusté de 2,7 milliards d’euros et une marge d’Ebit ajusté de 12,3%.
Compte tenu de l’ensemble de ces éléments, Thales compte verser un dividende de 3,90 euros par action au titre de l’exercice 2024, après 3,70 euros au titre de l’exercice précédent, soit une hausse de 5,4%.
Pour 2026, Thales anticipe une croissance organique de son chiffre d’affaires de 6% à 7%, correspondant à un chiffre d’affaires de 23,3 milliards à 23,6 milliards d’euros. En parallèle, la société vise cette année une marge d’Ebit ajusté de 12,6% à 12,8%, en hausse de 20 à 40 points de base par rapport à 2025.
«L’année 2026 devrait voir la poursuite d’une demande forte, tirée notamment par la hausse des budgets militaires notamment dans les zones géographiques où Thales est présent», a souligné la société.
Dans ce contexte, l’entreprise pense qu’elle devrait atteindre le haut de sa fourchette d’objectif d’une croissance organique moyenne de son chiffre d’affaires comprise entre 5% et 7%, par an, sur la période 2024-2028.
Tensions géopolitiques croissantes
Vers 15h, l’action Thales reculait de 1,6%, à 252 euros, au sein d’un CAC 40 qui abandonnait plus de 3%. Depuis le 1er janvier, le titre gagne toujours près de 9%.
Les perspectives de la société peuvent être jugées prudentes, en particulier sur le front de la croissance organique des ventes, souligne Oddo BHF. Pour autant, l’intermédiaire financier relève que cette approche précautionneuse sur le front des objectifs est habituelle pour Thales et que sa dynamique commerciale restera forte au cours des prochains trimestres sur l’ensemble de ses marchés.
En conséquence, Oddo BHF a confirmé sa recommandation «surperformance» et son objectif de cours de 305 euros sur la valeur, laissant apparaître un potentiel de progression de 19% par rapport au cours de clôture de lundi.
«Plus qu’un simple bénéficiaire du contexte géopolitique, le groupe cherche à s’ancrer durablement comme acteur central de la souveraineté de défense européenne», commente Antoine Fraysse-Soulier. En définitive, Thales affiche une «stratégie calibrée pour un cycle long de défense», conclut l’expert.
Le contexte économique mondial conduit à un rééquilibrage progressif entre marchés de proximité et marchés internationaux. Ces grandes sociétés réalisent 60% de leur chiffre d’affaires en zone EMEA, contre 57% en 2022.
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